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1991 1993
1932 : retour
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La guinguette à deux sous (M) "Une
fin d'après-midi radieuse. Un soleil presque sirupeux dans les rues paisibles
de la Rive Gauche. Et partout, sur les visages, dans les mille bruits familiers
de la rue, de la joie de vivre. Il y a des jours ainsi, où l'existence
est moins quotidienne ; où les passants sur les trottoirs, les tramways
et les autos semblent jouer leur rôle dans une féerie. C'était
le 27 juin. Quand Maigret arriva à la poterne de la Santé, le factionnaire
attendri regardait un petit chat blanc qui jouait avec le chien de la crémière.
Il doit y avoir des jours aussi où les pavés sont plus sonores.
Les pas de Maigret résonnèrent dans la cour immense. Au bout d'un
couloir il interrogea un gardien... "Il a appris ?... Pas encore.
Avant d'être exécuté, le condamné Jean Lenoir confie
à Maigret qu'il a été témoin d'un crime vieux de six
ans et qu'avec son ami Victor Gaillard, il a fait chanter l'assassin durant deux
ans, avant que ce dernier ne déménage. il a pourtant rencontré
le coupable "il n'y a pas trois mois" à La Guinguette à
deux sous. Maigret découvre cette guiguette au bord de la Seine, près
de Morsang. Chaque week-end, quelques parisiens ont l'habitude de s'y retrouver
et le commissaire s'intègre au groupe, dans lequel il est particulièrement
bien accueilli par James qui se prend d'amitié pour lui. La gaité
règne dans ce petit monde jusqu'à ce qu'un meurtre se produise :
Feinstein est tué par Basso dont Maigret sait déjà qu'il
est l'amant de Mado Feinstein. Arrêté, Basso réussit à
s'enfuir et Maigret passe à Paris une semaine durant laquelle il rencontre
James plusieurs fois. Il se rend compte que celui-ci sait où se cache Basso,
mais James se tait et l'enquête piétine. Le dimanche suivant, le
commissaire trouve Victor Gaillard à Morsang et s'est en le faisant suive
qu'il découvre l'identité de la victime dont lui avait parlé
Lenoir : il s'agit de l'usurier Ulrich. Il faudra cependant attendre que
Basso ait été retrouvé pour que la clé de l'enigme
soit livrée lors d'une confrontation entre James, Gaiullard et Basso. Six
ans auparavant, James, amant de Mado Feinstein, a eu recours aux services d'Ulrich.
L'anglais ne pouvant rembourser l'usurier, celui-ci l'a menacé de tout
raconter au mari. Aidé par Basso, James a alors tué Ulrich, mais
s'est ensuite trouvé aux prises avec le chantage de Gaillard et Lenoir.
Basso l'a aidé à fournir aux maîtres chanteurs les sommes
qu'ils exigeaient, jusqu'àce que James déménage. Quant à
Basso, il est devenu à son tour l'amant de Mado Feinstein. Le mari, dans
une situation financière difficile, voulait bien fermer les yeux... moyennat
rétribution. Le jour où Feinstein a été tué,
Basso avait refusé de continuer à le payer. Une lutte a opposé
les deux hommes et, Feinstein ayant sorti son revolver, un coup est parti accidentellement." Acheter
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L'ombre chinoise (M) "Il était
dix heures du soir. Les grilles du square étaient fermées, la place
des Vosges déserte, avec les pistes luisantes des voitures tracées
sur l'asphalte et le chant continu des fontaines, les arbres sans feuilles et
la découpe monotone sur le ciel des toits tous pareils. Sous les arcades,
qui font une ceinture prodigieuse à la place, peu de lumières. À
peine trois ou quatre boutiques. Le commissaire Maigret vit une famille qui mangeait
dans l'une d'elles, encombrée de couronnes mortuaires en perles. Il essayait
de lire les numéros au-dessus des portes, mais à peine avait-il
dépassé la boutique aux couronnes qu'une petite personne sortit
de l'ombre.
- C'est à vous que je viens de téléphoner ?
Il devait y avoir longtemps qu'elle guettait. Malgré le froid de novembre,
elle n'avait pas passé de manteau sur son tablier. Son nez était
rouge, ses yeux inquiets..."
Raymond Couchet a été assassiné dans le bureau directorial,
près du laboratoire de sa firme, au fond de la cour d'un immeuble situé
place des Vosges. Une importante somme d'argent a été volée.
L'enquête de Maigret se déroule dans trois milieux. Place des Vosges,
le commissaire découvre, vivant dans une ambiance étouffante, Edgar
et Juliette Martin, celle-ci ayant été la première épouse
de Couchet. À l'hôtel Pigalle voisinent, sans se connaître,
Nine Moinard, maîtresse de la victime depuis six mois, et Roger Couchet,
fruit du premier mariage de Raymond Couchet. Roger vit d'expédients et
empruntait souvent de l'argent à son père. Enfin, dans l'appartement
cossu du boulevard Haussmann où habitait la victime, Maigret observe la
veuve, femme sans caractère issue de la haute bourgeoisie. Maigret soupçonne
d'abord Roger, dont la situation matérielle est précaire, mais le
jeune homme se suicide de façon inexplicable. En fait, il connaissait la
vérité. Le commissaire ne possédera la clé de l'enigme
qu'après avoir fouillé le passé de la victime et celui de
Juliette Martin. Cette dernière a épousé Raymond Couchet
quand il n'était qu'un aventurier qui ratait tout ce qu'il entreprenait.
Elle a divorcé et a épousé Martin, fonctionnaire sans envergure
qui avait le mérite de gagner sa vie régulièrement et l'avantage
d'une retraite assurée. Lorsque Couchet est devenu riche, elle s'est rendue
compte qu'elle avait manqué la bonne affaire : aigrie, elle a accablé
Martin de reproches et l'a incité finalement à voler de l'argent
à son premier mari qu'elle pouvait observer à longueur de journées
depuis les fenêtres de son appartement. Pour la contenter, Martin a donc
volé Couchet pendant une absence de ce dernier. Sa femme, qui observait
la scène, a vu que Martin laissait sur place un indice compromettant, s'est
rendue à son tour dans le bureau et, rencontrant Couchet, l'a abattu...
inutilement, car le pauvre Martin, rongé de remords, était allé
jeter l'argent dans la Seine. Apprenant cet acte qu'elle juge insensé,
Juliette sombrera dans la folie. Germaine Couchet sera sans doute la seule héritière,
en dépit du testament de la victime qui voulait partager sa fortune entre
Germaine, Juliette et Nine, ses trois femmes. Acheter
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L'affaire Saint-Fiacre (M) "Je
vous annonce qu'un crime sera commis à l'église Saint-Fiacre pendant
la première messe du jour des morts. Tel est le message reçu par
la police de Moulins qui en a averti Paris. Maigret se rend aussitôt sur
place. Il assiste à la messe au cours de laquelle la contesse de Saint-Fiacre
meurt... d'une crise cardiaque. Le commissaire découvre pourtant rapidement
que cette mort a été provoquée par une émotion violente :
il trouve en effet, dans le missel de la contesse, un extrait du Journal de Moulins
annonçant la mort de son fils. Une énigme dure, poignante, théâtrale,
l'une des plus célèbres. Mais aussi, pour Maigret, l'occasion d'un
pèlerinage mélancolique dans son village natal. La tombe de son
père, l'ancien régisseur du château, est là, dans l'humble
cimetière. Et dans le regard buté du garnement qui fait l'enfant
de chur, le commissaire ne retrouve-t-il pas un peu de lui-même ?
Et pourtant on dirait que tout s'acharne à salir ses souvenirs d'enfance.
Le château est hypothéqué. La comtesse, si noble dans son
souvenir, n'est qu'une vieille toquée qui entretient des gigolos. Quant
au fils Saint-Fiacre, il précipite la ruine familiale. Non, rien n'est
plus comme avant..."
Les amateurs lui accordent une place particulière car il est l'un des rares
à décrire les origines sociales du célèbre policier,
à évoquer son enfance et son amour de jeunesse pour la belle comtesse
du château de Saint-Fiacre, dont son père était le régisseur.
La légende veut que, peu de temps avant sa disparition prématurée,
Jean Vigo ait fait part à Simenon de son désir de porter à
l'écran "L'affaire Saint-Fiacre"... «Georges Simenon
a fait enter le roman policier dans la littérature.» (Georges Avril,
1930) «On peut évoquer, à propos de "L´affaire
Saint-Fiacre, la grande ombre de Balzac» (Anonyme, l'Action française,
1932) « Le livre contient les personnages chers à Simenon :
des jeunes gens veules, peu honnêtes ; des femmes qui le sont encore
moins ; les campagnards mesquins, taiseux et méfiants, retors aussi
et calculateurs à souhait. Sans oublier le médecin de campagne bourru
et mécréant, doté d'une épouse bigote ; le curé
tourmenté ; l'avocat jovial, grand amateur de bonne chère et
abusant du vin. Les livres de Simenon ne sont pas faits pour engendrer la bonne
humeur ; ses études de caractère décrivent une nature
humaine aussi peu amène que possible. » (Bastet, Mabibliothèque,
14 mai 2004) Acheter ce livre |
Chez
les Flamands (M) "Quand Maigret descendit du train, en gare de Givet,
la première personne qu'il vit, juste en face de son compartiment, fut
Anna Peeters. A croire qu'elle avait prévu qu'il s'arrêterait à
cet endroit exactement ! Elle n'en paraissait pas étonnée,
ni fière. Elle était telle qu'il l'avait vue à Paris, telle
qu'elle devait être toujours, vêtue d'un tailleur gris fer, les pieds
chaussés de noir, chapeautée de telle sorte qu'il était impossible
de se souvenir ensuite de la forme ou même de la couleur de son chapeau.
Ici, dans le vent qui balayait le quai où n'erraient que quelques voyageurs,
elle paraissait plus grande, un peu plus forte. Elle avait le nez rouge et elle
tenait à la main un mouchoir roulé en boule.
- J'était sûre que vous viendriez, monsieur le commissaire...
Était-elle sûre d'elle ou sûre de lui ? Elle ne souriait
pas pour l'accueillir. Elle questionnait déjà...
Dans ce village frontalier des Ardennes, les Peeters ne sont pas comme les autres.
Ils sont flamands. Riches, confits en dévotion et on les déteste.
Un soir, Germaine, une pauvre fille à qui le fils Peeters a fait un enfant,
est entrée chez eux, et depuis on ne l'a plus revue. On dit que les Flamands
l'ont tuée et jetée dans la Meuse. Maigret questionne, observe,
tourne en rond. Il n'aime pas la séduction malsaine que Peeters exerce
sur son entourage, ni ce salon trop calme où les filles chantent en s'accompagnant
au piano. Ce qu'il découvre le remplit de dégoût et de pitié.
Accomplira-t-il jusqu'au bout son travail de commissaire ?" Acheter
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Le
fou de Bergerac (M) "Maigret se rend en Dordogne avec l'intention d'y
prendre quelque repos, lorsque, dans l'express de Bordeaux, en pleine nuit, il
est intrigué par le comportement d'un voyageur. Lors d'un ralentissement,
ce dernier saute du train. Le commissaire le suit et est aussitôt blessé
d'une balle que le fuyard tire dans sa direction. Hospitalisé à
Bergerac, il apprend que plusieurs crimes sadiques viennet de s'y commettre et
qu'il a été la victime de celui qu'on appelle le "fou de Bergerac".
Mais qui est ce dernier ? Le taciturne dorcteur Rivaud qui soigne Maigret ?
Le procureur Duhourceau ? le maître d'hôtel ? son ami Leduc ?
Entre-temps, on retrouve dans un bois le cadavre du "fou" : il
s'agit de Samuel Meyer, faussaire international. Certains émettent, contre
l'avis de Maigret, l'hypothèse qu'il s'est suicidé après
avoir commis ses forfaits. Depuis sa chambre d'hôtel, le commissaire, en
interrogeant des témoins, prend ses renseignements : Françoise,
belle-sœur et maîtresse de Rivaud, est aussi la mère de son
enfant, mais par une machination, le couple a fait passer le procureur pour le
véritable père, afin d'obtenir son silence sur une autre affaire.
Il s'avère en effet que Rivaud est le fils de Meyer, le fou de Bergerac,
qu'il a aidé à s'enfuir d'Alger où il avait été
condamné à mort. Finalement, en interrogeant Mme Beausoleil, belle-mère
du docteur, Maigret parvient à établir l'identité de celui-ci,
et à prouver en outre que c'est Rivaud qui a tué le fou de Bergerac.
Sur le point d'être arrêtés, Rivaud et sa maîtresse se
suicident après avoir essayé vainement de s'enfuir."
Maigret, blessé dès le premier chapitre, mène l'enquête,
de sa chambre d'hôtel, par l'intermédiaire de sa femme qui apparaît
longuement pour la première fois.
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Le port des brumes (M) "Au Quai des
Orfèvres, on l'appelait "L'Homme", faute de pouvoir lui donner
un nom. On l'avait ramassé sur les Grands Boulevards. Questionné
en français, il ne répondait pas. On avait essayé sept ou huit langues
sans résultat. Un amnésique ? Un fou ? Et puis un télégramme
était arrivé de Normandie. L'inconnu, identifié, était
un capitaine de marine, le chef du port de Ouistreham. Devant ce paysage maritime
que le brouillard effaçait, Maigret se faisait les mêmes réflexions
qu'au début de chaque enquête. Le commissaire Maigret, de la Police
judiciaire, avait l'habitude de voir ainsi des gens pénétrer en
coup de vent dans sa vie, s'imposer à lui pendant des jours, des semaines
ou des mois, puis sombrer de nouveau dans la foule anonyme. Le bruit des boggies
scandait ses réflexions. Serait-elle passionnante, banale, écurante
ou tragique ? Ce qu'il sentait, pour commencer, c'était la peur." Acheter
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Le passager du "Polarlys" "C'est
une maladie qui s'attaque aux bateaux, dans toutes les mers du globe, et dont
les causes appartiennent au grand domaine inconnu qu'on appelle le Hasard. Si
ses débuts sont parfois bénins, ils ne peuvent échapper à
l'il d'un marin. Tout à coup, sans raison, un hauban éclate
comme une corde de violon et arrache le bras d'un gabier. Ou bien le mousse s'ouvre
le pouce en épluchant les pommes de terre et, le lendemain, "le mal
blanc" le fait hurler. A moins qu'il ne s'agisse d'une manuvre loupée,
d'un canot qui vienne se jeter étourdiment sur l'étrave. Ce n'est
pas encore le mauvais il. Le mauvais il exige la série. Mais
il est rare qu'elle ne suive pas, que la nuit, ou le lendemain, on ne constate
pas une nouvelle avarie."
Polarlys : du norvégien "lumière du Nord". C'est
le premier roman non-Maigret dont Simenon signe la publication définitive
sous son patronyme. Ce roman fut proposé au prix Renaudot 1932 par Lucien
Descaves. Acheter
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Liberty Bar (M) "Cela commença par
une sensation de vacances. Quand Maigret descendit du train, la moitié
de la gare d'Antibes était baignée d'un soleil si lumineux qu'on
n'y voyait les gens s'agiter que comme des ombres. Des ombres portant chapeau
de paille, pantalon blanc, raquette de tennis. L'air bourdonnait. Il y avait des
palmiers, des cactus en bordure du quai, un pan de mer bleue au-delà de
la lampisterie. Et tout de suite quelqu'un se précipita
- Le commissaire Maigret, je pense ? Je vous reconnais grâce à
une photo qui a paru dans les journaux...
Inspecteur Boutigues... Boutigues ! Rien que ce nom-là avait l'air
d'une farce ! Boutigues portait déjà les valises de Maigret,
l'entraînait vers le souterrain. Il avait un complet gris perle, un oeillet
rouge à la boutonnière, des souliers à tiges de drap.
- C'est la première fois que vous venez à Antibes ?"
"Il y avait quelque chose, dans l'allure générale, dans l'expression.
Ce regard exagérément calme, ce pli à la fois bonhomme et
ironique des lèvres. En regardant le portrait de la victime, Maigret était
troublé parce qu'il avait l'impression de connaître le personnage.
Oui, cet australien autrefois richissime qui, un beau jour, en avait eu assez
de l'Australie et des moutons, de la famille et de l'argent, pour s'enfoncer dans
la paresse crapuleuse du "Liberty Bar", ce William Brown l'agaçait
et l'intriguait. Car non seulement cet homme se faisait assassiner d'un coup de
couteau entre les deux épaules mais encore il avait le culot de lui ressembler !
William Brown a été assassiné à coups de couteau à
Antibes, en revenant d'une de ses "neuvaines", beuveries au cours desquelles
il lui arrivait de disparaitre plusieurs jours. Arrivé sur les lieux, Maigret
entreprend de retracer son itinéraire. Il commence par faire la connaissance
des "deux femmes" de Brown : sa maîtresse, Gina, et la mère
de celle-ci. Milieu sordide, d'où il n'est pas étonnant que Brown
ait cherché à s'échapper. Puis Maigret découvre à
Cannes le Liberty Bar, refuge d'ivrognes, où on joue, où on fume
et où on échafaude des projets. C'est la que Brown venait se saouler.
La vieille Jaja y règne, énorme, en compagnie de la jeune Sylvie,
qu'elle a prise sous sa protection. Maigret fait la connaissance du fils de Brown.
C'est ainsi qu'il apprend que la victime, riche propriétaire, avait quitté
l'Australie et sa famille pour l'Europe, où il avait mené la vie
facile et dispendieuse de la Côte d'Azur. Sa famille l'avait alors privé
de ressources, ne lui laissant chaque mois que les moyens de vivre décemment.
Migret surprend Sylvie, au moment ou le fils Brown vient de lui remettre un forte
somme d'argent pour faire disparaître le testament que détient Joseph,
son amant. Ce testament a été rédigé par Brown en
faveur des femmes dans l'entourage desquelles il vivait, afin de narguer sa famille
une dernière fois, après s'être encanaillé jusqu'au
bout. Tandis que Sylvie et Joseph vont en prison, Jaja tente vainement de se suicider
et avoue la vérité : c'est elle qui a tué Brown (dont
elle était la maîtresse) le jour où il l'a trompée
avec Sylvie. Pour elle, désormais, tout est fini. Gravement malade, elle
mourra bientôt. Maigret classe l'affaire sans inculper Jaja." Acheter
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Les
treize coupables (nouvelles) : Ces nouvelles ont été publiées
en éditions préoriginales dans l'hebdomadaire Détective du
13 mars au 19 juin 1930 sous le pseudonyme de Georges Sim. Les enquêteurs
des 13, Froget, Leborgne et G7, sont bien plus cérébraux qu'intuitifs,
à l'opposé du sympathique commissaire Maigret. La série des
13 coupables (juge Forget) fut écrit entre 1929-1930 à Stavoren
(Pays-Bas), à bord de l'Ostrogoth. Une quatorzième nouvelle, "La
nuit du Pont Marie", vraisemblablement écrite en même temps
que les autres, n'a pas été retenue par l'auteur pour publication
dans Détective. Elle ne figure pas non plus dans les 13 coupables. La nuit
du Pont Marie fut publiée en édition préoriginale dans l'Intransigeant,
le 10 juin 1933, sous le patronyme de l'auteur et recueillie en volume par Gilbert
Sigaux dans les œuvres complètes, tome IV (Lausanne, éditions
Rencontre, 1967-1973).
«Les treize histoires n'ont pas toutes la même valeur. Les deux meilleures,
à notre avis, sont peut être les numéros 6 et 7 : Arnold
Schurittinger et Waldema Strvzeski. La première se recommande par une élégante
démonstration, d'allure quasi mathématique, bien qu'elle laisse
subsister certaines obscurités ; la seconde par la maîtrise
avec laquelle est campé le personnage central. Je ne sais pas si M. Simenon
l'a inventé de toutes pièces ou l'a tout bonnement copié
d'après nature, mais ce qu'il y a de sûr, c'est que plus d'un romancier
cultivant le genre dit "psychologique" pourrait lui envier cette création.
Ce dévoyé falot, vaniteux et inconsistant, ballotté par les
événements et par sa sottise, (...) comme c'est vrai, comme c'est
nature. Et il n'y a pas qu'en Pologne, hélas, qu'il y a des types comme
ça ! Il y en a dans tous les pays, et il leur arrive de tenir les
"leviers de commande". Souhaitons une longue carrière au juge
Froget.» (Régis Messac, les Primaires, n° 35, juillet 1932)
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Les treize énigmes (nouvelles) "Place
Saint-Georges, une voiture rouge, de la série G.7, s'arrêta à
quelques mètres de nous et une jeune femme en sortit vivement, tout emmitouflée
de fourrures. Elle tendit un billet au chauffeur et s'en alla sans attendre la
monnaie.
- Prenez-le, dis-je, en désignant le taxi à mon compagnon.
- Du tout ! Prenez-le, vous !
- J'habite à deux pas d'ici...
- Qu'importe ! Je vous en prie...
Je cédai. Je lui tendis la main, bien que nous ne nous connussions que
de fraîche date.
Il me présenta sa main gauche, car, de toute la soirée, sa main
droite était restée enfouie dans la poche de son veston. Et l'instant
d'après, j'étais sur le point de le rappeler.
Car je tombais brusquement en plein drame, en plein mystère. Dans la voiture
où je m'étais engouffré, je heurtais quelque chose. J'avançais
la main et je m'apercevais que c'était un corps humain.".
Au début de la carrière
de Simenon, avant que celui-ci ne crée Maigret, ont paru en revues de courtes
nouvelles où intervenait un policier nommé G7. Ce recueil nous présente
l'écrivain pratiquant ses gammes. La série les 13 énigmes fut écrite à Paris, place
des Vosges, durant l'hiver 1927-1928. Ces nouvelles ont été publiées
en éditions préoriginales dans l'hebdomadaire Détective du
12 septembre au 19 décembre 1929 (n° 46-60), sous le pseudonyme de
Georges Sim. Une quatorzième nouvelle, "L´affaire du canal"
n'a pas été retenue par l'auteur pour publication dans Détective.
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Les
treize mystères (nouvelles) "Joseph Leborgne compulsa quelques
dossiers, choisit presque au hasard une chemise qu'il me tendit. Sur cette chemise,
il s'était contenté de coller des mots découpés dans
un journal, où il avait constitué un titre en caractères
gras : L'Affaire Lefrançois.
"Une affaire pour débutant ! me dit-il. Je parie qu'après
cinq minutes, vous claironnez la solution."
Et il ne s'occupa plus de moi. Il alla s'asseoir dans un fauteuil, devant le radiateur
électrique, et il tira à lui le guéridon sur lequel était
posé un pot de confiture chinoise.
La plus mauvaise plaisanterie jouée à Joseph Leborgne avait été
de l'appeler ainsi, car il portait son nom aussi mal que possible."
Ce petit homme de trente-cinq ans, célibataire, extrêmement soigné,
vivait seul à l'hôtel, par horreur des complications de la vie. Qu'est-ce
qui poussait cet étrange garçon à jouer les policiers ? Pourquoi
ce timoré vivait-il parmi les histoires les plus effrayantes de son époque ?
Il est vrai que Leborgne se contentait de faire ses enquêtes de son fauteuil
et qu'il jurait n'avoir jamais vu un cadavre de sa vie. Il était fatal
que Simenon rencontrât un jour cet amateur éclairé d'affaires
sordides, cet inspecteur en chambre qui allait se révéler un conteur
de talent, précis, adroit, impitoyable. L'inventeur de "Maigret",
pour une fois, se contenterait d'écouter...
Ces nouvelles ont été publiées en éditions préoriginales
dans l'hebdomadaire Détective, du 21 mars au 27 juin 1929 (n° 21 à
35), sous le pseudonyme de Georges Sim.
«Joseph Leborgne a plus d'allure, il résout les 13 mystères
uniquement en lisant les coupures que Sim, toujours fidèle adjoint lui
apporte.» (Maurice Dubourg, "Maigret et compagnie ou les détectives
de l'agence Simenon", (Mystère magazine, décembre 1964) Acheter
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La
figurante réédité plus tard sous le titre La jeune fille
aux perles (pseudonyme Christian Brulls) "Un homme d'affaires parisien
est acculé au suicide. Sa fille Nadine se retrouve seule face à
la colère des créanciers. Un ami de son père, banquier, a
pitié d'elle et l'emmène à Deauville où il est assassiné.
Maigret mène l'enquête. Roman policier qui évoque le monde
de la finance et nous fait rencontrer le Maigret des débuts."
L'épave
(pseudonyme Georges Sim).
Fièvre
(pseudonyme Christian Brulls) : Roman sentimental et policier.
«Très curieux est "Fièvre", car si le policier que
l'on nous montre et qui joue un grand rôle s'appelle Torrence, on a bien
plutôt l'impression qu'il devrait s'appeler Maigret. (...) Commissaire,
il est célèbre à la PJ pour sa pipe en racine de bruyère
et se trouve flanqué de l'inspecteur Lucas. Madame Torrence annonce aussi
Madame Maigret. C'est "une femme accorte de quarante ans" qui s'inquiète
avant tout de sa cuisine et qui a pour son mari des soins maternels. (...) Dans
"Fièvre", Torrence-Maigret semble aller un peu loin pour un policier
officiel.» (Maurice Dubourg, "Maigret et compagnie ou les détectives
de l'agence Simenon", Mystère magazine, décembre 1964)
Les
forçats de Paris (pseudonyme Christian Brulls).
La
maison de l'inquiétude (pseudonyme Georges Sim) : "Roman qui
nous fait rencontrer le Maigret des débuts."
«Lorsque Simenon veut monter une intrigue compliquée, touffue, il
se perd en chemin, devient peu clair et arrive même, ce qui est extrêmement
rare chez lui, à ennuyer. (...) Les dialogues sont toujours justes et les
derniers chapitres sont dignes du meilleur Simenon. (...) Dans ce roman comme
dans d'autres romans populaires, on trouve déjà ce goût prononcé
de Simenon pour la médecine et les médecins.» (Maurice Dubourg,
"Maigret et compagnie ou les détectives de l'agence Simenon",
Mystère magazine, décembre 1964)
Matricule
12 (pseudonyme Georges Sim).
Sommet de la page
Pour toute question ou remarque concernant ce
site, envoyez un courriel à jacques @ 0faute.com
Dernière mise à jour de cette page le 19/03/2006.
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