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1932 :  retour
La guinguette à deux sous  La guinguette à deux sous (M) "Une fin d'après-midi radieuse. Un soleil presque sirupeux dans les rues paisibles de la Rive Gauche. Et partout, sur les visages, dans les mille bruits familiers de la rue, de la joie de vivre. Il y a des jours ainsi, où l'existence est moins quotidienne ; où les passants sur les trottoirs, les tramways et les autos semblent jouer leur rôle dans une féerie. C'était le 27 juin. Quand Maigret arriva à la poterne de la Santé, le factionnaire attendri regardait un petit chat blanc qui jouait avec le chien de la crémière. Il doit y avoir des jours aussi où les pavés sont plus sonores. Les pas de Maigret résonnèrent dans la cour immense. Au bout d'un couloir il interrogea un gardien... "Il a appris ?... Pas encore.
Avant d'être exécuté, le condamné Jean Lenoir confie à Maigret qu'il a été témoin d'un crime vieux de six ans et qu'avec son ami Victor Gaillard, il a fait chanter l'assassin durant deux ans, avant que ce dernier ne déménage. il a pourtant rencontré le coupable "il n'y a pas trois mois" à La Guinguette à deux sous. Maigret découvre cette guiguette au bord de la Seine, près de Morsang. Chaque week-end, quelques parisiens ont l'habitude de s'y retrouver et le commissaire s'intègre au groupe, dans lequel il est particulièrement bien accueilli par James qui se prend d'amitié pour lui. La gaité règne dans ce petit monde jusqu'à ce qu'un meurtre se produise : Feinstein est tué par Basso dont Maigret sait déjà qu'il est l'amant de Mado Feinstein. Arrêté, Basso réussit à s'enfuir et Maigret passe à Paris une semaine durant laquelle il rencontre James plusieurs fois. Il se rend compte que celui-ci sait où se cache Basso, mais James se tait et l'enquête piétine. Le dimanche suivant, le commissaire trouve Victor Gaillard à Morsang et s'est en le faisant suive qu'il découvre l'identité de la victime dont lui avait parlé Lenoir : il s'agit de l'usurier Ulrich. Il faudra cependant attendre que Basso ait été retrouvé pour que la clé de l'enigme soit livrée lors d'une confrontation entre James, Gaiullard et Basso. Six ans auparavant, James, amant de Mado Feinstein, a eu recours aux services d'Ulrich. L'anglais ne pouvant rembourser l'usurier, celui-ci l'a menacé de tout raconter au mari. Aidé par Basso, James a alors tué Ulrich, mais s'est ensuite trouvé aux prises avec le chantage de Gaillard et Lenoir. Basso l'a aidé à fournir aux maîtres chanteurs les sommes qu'ils exigeaient, jusqu'àce que James déménage. Quant à Basso, il est devenu à son tour l'amant de Mado Feinstein. Le mari, dans une situation financière difficile, voulait bien fermer les yeux... moyennat rétribution. Le jour où Feinstein a été tué, Basso avait refusé de continuer à le payer. Une lutte a opposé les deux hommes et, Feinstein ayant sorti son revolver, un coup est parti accidentellement."
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L'ombre chinoise  L'ombre chinoise (M) "Il était dix heures du soir. Les grilles du square étaient fermées, la place des Vosges déserte, avec les pistes luisantes des voitures tracées sur l'asphalte et le chant continu des fontaines, les arbres sans feuilles et la découpe monotone sur le ciel des toits tous pareils. Sous les arcades, qui font une ceinture prodigieuse à la place, peu de lumières. À peine trois ou quatre boutiques. Le commissaire Maigret vit une famille qui mangeait dans l'une d'elles, encombrée de couronnes mortuaires en perles. Il essayait de lire les numéros au-dessus des portes, mais à peine avait-il dépassé la boutique aux couronnes qu'une petite personne sortit de l'ombre.
- C'est à vous que je viens de téléphoner ?
Il devait y avoir longtemps qu'elle guettait. Malgré le froid de novembre, elle n'avait pas passé de manteau sur son tablier. Son nez était rouge, ses yeux inquiets..."

Raymond Couchet a été assassiné dans le bureau directorial, près du laboratoire de sa firme, au fond de la cour d'un immeuble situé place des Vosges. Une importante somme d'argent a été volée. L'enquête de Maigret se déroule dans trois milieux. Place des Vosges, le commissaire découvre, vivant dans une ambiance étouffante, Edgar et Juliette Martin, celle-ci ayant été la première épouse de Couchet. À l'hôtel Pigalle voisinent, sans se connaître, Nine Moinard, maîtresse de la victime depuis six mois, et Roger Couchet, fruit du premier mariage de Raymond Couchet. Roger vit d'expédients et empruntait souvent de l'argent à son père. Enfin, dans l'appartement cossu du boulevard Haussmann où habitait la victime, Maigret observe la veuve, femme sans caractère issue de la haute bourgeoisie. Maigret soupçonne d'abord Roger, dont la situation matérielle est précaire, mais le jeune homme se suicide de façon inexplicable. En fait, il connaissait la vérité. Le commissaire ne possédera la clé de l'enigme qu'après avoir fouillé le passé de la victime et celui de Juliette Martin. Cette dernière a épousé Raymond Couchet quand il n'était qu'un aventurier qui ratait tout ce qu'il entreprenait. Elle a divorcé et a épousé Martin, fonctionnaire sans envergure qui avait le mérite de gagner sa vie régulièrement et l'avantage d'une retraite assurée. Lorsque Couchet est devenu riche, elle s'est rendue compte qu'elle avait manqué la bonne affaire : aigrie, elle a accablé Martin de reproches et l'a incité finalement à voler de l'argent à son premier mari qu'elle pouvait observer à longueur de journées depuis les fenêtres de son appartement. Pour la contenter, Martin a donc volé Couchet pendant une absence de ce dernier. Sa femme, qui observait la scène, a vu que Martin laissait sur place un indice compromettant, s'est rendue à son tour dans le bureau et, rencontrant Couchet, l'a abattu... inutilement, car le pauvre Martin, rongé de remords, était allé jeter l'argent dans la Seine. Apprenant cet acte qu'elle juge insensé, Juliette sombrera dans la folie. Germaine Couchet sera sans doute la seule héritière, en dépit du testament de la victime qui voulait partager sa fortune entre Germaine, Juliette et Nine, ses trois femmes.  Acheter ce livre
L'affaire Saint-Fiacre  L'affaire Saint-Fiacre (M) "Je vous annonce qu'un crime sera commis à l'église Saint-Fiacre pendant la première messe du jour des morts. Tel est le message reçu par la police de Moulins qui en a averti Paris. Maigret se rend aussitôt sur place. Il assiste à la messe au cours de laquelle la contesse de Saint-Fiacre meurt... d'une crise cardiaque. Le commissaire découvre pourtant rapidement que cette mort a été provoquée par une émotion violente : il trouve en effet, dans le missel de la contesse, un extrait du Journal de Moulins annonçant la mort de son fils. Une énigme dure, poignante, théâtrale, l'une des plus célèbres. Mais aussi, pour Maigret, l'occasion d'un pèlerinage mélancolique dans son village natal. La tombe de son père, l'ancien régisseur du château, est là, dans l'humble cimetière. Et dans le regard buté du garnement qui fait l'enfant de chœur, le commissaire ne retrouve-t-il pas un peu de lui-même ? Et pourtant on dirait que tout s'acharne à salir ses souvenirs d'enfance. Le château est hypothéqué. La comtesse, si noble dans son souvenir, n'est qu'une vieille toquée qui entretient des gigolos. Quant au fils Saint-Fiacre, il précipite la ruine familiale. Non, rien n'est plus comme avant..."
Les amateurs lui accordent une place particulière car il est l'un des rares à décrire les origines sociales du célèbre policier, à évoquer son enfance et son amour de jeunesse pour la belle comtesse du château de Saint-Fiacre, dont son père était le régisseur. La légende veut que, peu de temps avant sa disparition prématurée, Jean Vigo ait fait part à Simenon de son désir de porter à l'écran "L'affaire Saint-Fiacre"...
«Georges Simenon a fait enter le roman policier dans la littérature.» (Georges Avril, 1930)
«On peut évoquer, à propos de "L´affaire Saint-Fiacre, la grande ombre de Balzac» (Anonyme, l'Action française, 1932)
« Le livre contient les personnages chers à Simenon : des jeunes gens veules, peu honnêtes ; des femmes qui le sont encore moins ; les campagnards mesquins, taiseux et méfiants, retors aussi et calculateurs à souhait. Sans oublier le médecin de campagne bourru et mécréant, doté d'une épouse bigote ; le curé tourmenté ; l'avocat jovial, grand amateur de bonne chère et abusant du vin. Les livres de Simenon ne sont pas faits pour engendrer la bonne humeur ; ses études de caractère décrivent une nature humaine aussi peu amène que possible. » (Bastet, Mabibliothèque, 14 mai 2004) Acheter ce livre
 Chez les Flamands (M) "Quand Maigret descendit du train, en gare de Givet, la première personne qu'il vit, juste en face de son compartiment, fut Anna Peeters. A croire qu'elle avait prévu qu'il s'arrêterait à cet endroit exactement ! Elle n'en paraissait pas étonnée, ni fière. Elle était telle qu'il l'avait vue à Paris, telle qu'elle devait être toujours, vêtue d'un tailleur gris fer, les pieds chaussés de noir, chapeautée de telle sorte qu'il était impossible de se souvenir ensuite de la forme ou même de la couleur de son chapeau. Ici, dans le vent qui balayait le quai où n'erraient que quelques voyageurs, elle paraissait plus grande, un peu plus forte. Elle avait le nez rouge et elle tenait à la main un mouchoir roulé en boule.
- J'était sûre que vous viendriez, monsieur le commissaire...
Était-elle sûre d'elle ou sûre de lui ? Elle ne souriait pas pour l'accueillir. Elle questionnait déjà...
Dans ce village frontalier des Ardennes, les Peeters ne sont pas comme les autres. Ils sont flamands. Riches, confits en dévotion et on les déteste. Un soir, Germaine, une pauvre fille à qui le fils Peeters a fait un enfant, est entrée chez eux, et depuis on ne l'a plus revue. On dit que les Flamands l'ont tuée et jetée dans la Meuse. Maigret questionne, observe, tourne en rond. Il n'aime pas la séduction malsaine que Peeters exerce sur son entourage, ni ce salon trop calme où les filles chantent en s'accompagnant au piano. Ce qu'il découvre le remplit de dégoût et de pitié. Accomplira-t-il jusqu'au bout son travail de commissaire ?"
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 Le fou de Bergerac (M) "Maigret se rend en Dordogne avec l'intention d'y prendre quelque repos, lorsque, dans l'express de Bordeaux, en pleine nuit, il est intrigué par le comportement d'un voyageur. Lors d'un ralentissement, ce dernier saute du train. Le commissaire le suit et est aussitôt blessé d'une balle que le fuyard tire dans sa direction. Hospitalisé à Bergerac, il apprend que plusieurs crimes sadiques viennet de s'y commettre et qu'il a été la victime de celui qu'on appelle le "fou de Bergerac". Mais qui est ce dernier ? Le taciturne dorcteur Rivaud qui soigne Maigret ? Le procureur Duhourceau ? le maître d'hôtel ? son ami Leduc ? Entre-temps, on retrouve dans un bois le cadavre du "fou" : il s'agit de Samuel Meyer, faussaire international. Certains émettent, contre l'avis de Maigret, l'hypothèse qu'il s'est suicidé après avoir commis ses forfaits. Depuis sa chambre d'hôtel, le commissaire, en interrogeant des témoins, prend ses renseignements : Françoise, belle-sœur et maîtresse de Rivaud, est aussi la mère de son enfant, mais par une machination, le couple a fait passer le procureur pour le véritable père, afin d'obtenir son silence sur une autre affaire. Il s'avère en effet que Rivaud est le fils de Meyer, le fou de Bergerac, qu'il a aidé à s'enfuir d'Alger où il avait été condamné à mort. Finalement, en interrogeant Mme Beausoleil, belle-mère du docteur, Maigret parvient à établir l'identité de celui-ci, et à prouver en outre que c'est Rivaud qui a tué le fou de Bergerac. Sur le point d'être arrêtés, Rivaud et sa maîtresse se suicident après avoir essayé vainement de s'enfuir."
Maigret, blessé dès le premier chapitre, mène l'enquête, de sa chambre d'hôtel, par l'intermédiaire de sa femme qui apparaît longuement pour la première fois.
Le port des brumes  Le port des brumes (M) "Au Quai des Orfèvres, on l'appelait "L'Homme", faute de pouvoir lui donner un nom. On l'avait ramassé sur les Grands Boulevards. Questionné en français, il ne répondait pas. On avait essayé sept ou huit langues sans résultat. Un amnésique ? Un fou ? Et puis un télégramme était arrivé de Normandie. L'inconnu, identifié, était un capitaine de marine, le chef du port de Ouistreham. Devant ce paysage maritime que le brouillard effaçait, Maigret se faisait les mêmes réflexions qu'au début de chaque enquête. Le commissaire Maigret, de la Police judiciaire, avait l'habitude de voir ainsi des gens pénétrer en coup de vent dans sa vie, s'imposer à lui pendant des jours, des semaines ou des mois, puis sombrer de nouveau dans la foule anonyme. Le bruit des boggies scandait ses réflexions. Serait-elle passionnante, banale, écœurante ou tragique ? Ce qu'il sentait, pour commencer, c'était la peur." Acheter ce livre
Le passager du Polarlys  Le passager du "Polarlys" "C'est une maladie qui s'attaque aux bateaux, dans toutes les mers du globe, et dont les causes appartiennent au grand domaine inconnu qu'on appelle le Hasard. Si ses débuts sont parfois bénins, ils ne peuvent échapper à l'œil d'un marin. Tout à coup, sans raison, un hauban éclate comme une corde de violon et arrache le bras d'un gabier. Ou bien le mousse s'ouvre le pouce en épluchant les pommes de terre et, le lendemain, "le mal blanc" le fait hurler. A moins qu'il ne s'agisse d'une manœuvre loupée, d'un canot qui vienne se jeter étourdiment sur l'étrave. Ce n'est pas encore le mauvais œil. Le mauvais œil exige la série. Mais il est rare qu'elle ne suive pas, que la nuit, ou le lendemain, on ne constate pas une nouvelle avarie."
Polarlys : du norvégien "lumière du Nord". C'est le premier roman non-Maigret dont Simenon signe la publication définitive sous son patronyme. Ce roman fut proposé au prix Renaudot 1932 par Lucien Descaves. Acheter ce livre
Liberty Bar  Liberty Bar (M) "Cela commença par une sensation de vacances. Quand Maigret descendit du train, la moitié de la gare d'Antibes était baignée d'un soleil si lumineux qu'on n'y voyait les gens s'agiter que comme des ombres. Des ombres portant chapeau de paille, pantalon blanc, raquette de tennis. L'air bourdonnait. Il y avait des palmiers, des cactus en bordure du quai, un pan de mer bleue au-delà de la lampisterie. Et tout de suite quelqu'un se précipita
- Le commissaire Maigret, je pense ? Je vous reconnais grâce à une photo qui a paru dans les journaux...
Inspecteur Boutigues... Boutigues ! Rien que ce nom-là avait l'air d'une farce ! Boutigues portait déjà les valises de Maigret, l'entraînait vers le souterrain. Il avait un complet gris perle, un oeillet rouge à la boutonnière, des souliers à tiges de drap.
- C'est la première fois que vous venez à Antibes ?"
"Il y avait quelque chose, dans l'allure générale, dans l'expression. Ce regard exagérément calme, ce pli à la fois bonhomme et ironique des lèvres. En regardant le portrait de la victime, Maigret était troublé parce qu'il avait l'impression de connaître le personnage. Oui, cet australien autrefois richissime qui, un beau jour, en avait eu assez de l'Australie et des moutons, de la famille et de l'argent, pour s'enfoncer dans la paresse crapuleuse du "Liberty Bar", ce William Brown l'agaçait et l'intriguait. Car non seulement cet homme se faisait assassiner d'un coup de couteau entre les deux épaules mais encore il avait le culot de lui ressembler !
William Brown a été assassiné à coups de couteau à Antibes, en revenant d'une de ses "neuvaines", beuveries au cours desquelles il lui arrivait de disparaitre plusieurs jours. Arrivé sur les lieux, Maigret entreprend de retracer son itinéraire. Il commence par faire la connaissance des "deux femmes" de Brown : sa maîtresse, Gina, et la mère de celle-ci. Milieu sordide, d'où il n'est pas étonnant que Brown ait cherché à s'échapper. Puis Maigret découvre à Cannes le Liberty Bar, refuge d'ivrognes, où on joue, où on fume et où on échafaude des projets. C'est la que Brown venait se saouler. La vieille Jaja y règne, énorme, en compagnie de la jeune Sylvie, qu'elle a prise sous sa protection. Maigret fait la connaissance du fils de Brown. C'est ainsi qu'il apprend que la victime, riche propriétaire, avait quitté l'Australie et sa famille pour l'Europe, où il avait mené la vie facile et dispendieuse de la Côte d'Azur. Sa famille l'avait alors privé de ressources, ne lui laissant chaque mois que les moyens de vivre décemment. Migret surprend Sylvie, au moment ou le fils Brown vient de lui remettre un forte somme d'argent pour faire disparaître le testament que détient Joseph, son amant. Ce testament a été rédigé par Brown en faveur des femmes dans l'entourage desquelles il vivait, afin de narguer sa famille une dernière fois, après s'être encanaillé jusqu'au bout. Tandis que Sylvie et Joseph vont en prison, Jaja tente vainement de se suicider et avoue la vérité : c'est elle qui a tué Brown (dont elle était la maîtresse) le jour où il l'a trompée avec Sylvie. Pour elle, désormais, tout est fini. Gravement malade, elle mourra bientôt. Maigret classe l'affaire sans inculper Jaja."
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 Les treize coupables (nouvelles) : Ces nouvelles ont été publiées en éditions préoriginales dans l'hebdomadaire Détective du 13 mars au 19 juin 1930 sous le pseudonyme de Georges Sim. Les enquêteurs des 13, Froget, Leborgne et G7, sont bien plus cérébraux qu'intuitifs, à l'opposé du sympathique commissaire Maigret. La série des 13 coupables (juge Forget) fut écrit entre 1929-1930 à Stavoren (Pays-Bas), à bord de l'Ostrogoth. Une quatorzième nouvelle, "La nuit du Pont Marie", vraisemblablement écrite en même temps que les autres, n'a pas été retenue par l'auteur pour publication dans Détective. Elle ne figure pas non plus dans les 13 coupables. La nuit du Pont Marie fut publiée en édition préoriginale dans l'Intransigeant, le 10 juin 1933, sous le patronyme de l'auteur et recueillie en volume par Gilbert Sigaux dans les œuvres complètes, tome IV (Lausanne, éditions Rencontre, 1967-1973).
«Les treize histoires n'ont pas toutes la même valeur. Les deux meilleures, à notre avis, sont peut être les numéros 6 et 7 : Arnold Schurittinger et Waldema Strvzeski. La première se recommande par une élégante démonstration, d'allure quasi mathématique, bien qu'elle laisse subsister certaines obscurités ; la seconde par la maîtrise avec laquelle est campé le personnage central. Je ne sais pas si M. Simenon l'a inventé de toutes pièces ou l'a tout bonnement copié d'après nature, mais ce qu'il y a de sûr, c'est que plus d'un romancier cultivant le genre dit "psychologique" pourrait lui envier cette création. Ce dévoyé falot, vaniteux et inconsistant, ballotté par les événements et par sa sottise, (...) comme c'est vrai, comme c'est nature. Et il n'y a pas qu'en Pologne, hélas, qu'il y a des types comme ça ! Il y en a dans tous les pays, et il leur arrive de tenir les "leviers de commande". Souhaitons une longue carrière au juge Froget.» (Régis Messac, les Primaires, n° 35, juillet 1932)

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Les 13 énigmes  Les treize énigmes (nouvelles) "Place Saint-Georges, une voiture rouge, de la série G.7, s'arrêta à quelques mètres de nous et une jeune femme en sortit vivement, tout emmitouflée de fourrures. Elle tendit un billet au chauffeur et s'en alla sans attendre la monnaie.
- Prenez-le, dis-je, en désignant le taxi à mon compagnon.
- Du tout ! Prenez-le, vous !
- J'habite à deux pas d'ici...
- Qu'importe ! Je vous en prie...
Je cédai. Je lui tendis la main, bien que nous ne nous connussions que de fraîche date.
Il me présenta sa main gauche, car, de toute la soirée, sa main droite était restée enfouie dans la poche de son veston. Et l'instant d'après, j'étais sur le point de le rappeler.
Car je tombais brusquement en plein drame, en plein mystère. Dans la voiture où je m'étais engouffré, je heurtais quelque chose. J'avançais la main et je m'apercevais que c'était un corps humain.".

Au début de la carrière de Simenon, avant que celui-ci ne crée Maigret, ont paru en revues de courtes nouvelles où intervenait un policier nommé G7. Ce recueil nous présente l'écrivain pratiquant ses gammes. La série les 13 énigmes fut écrite à Paris, place des Vosges, durant l'hiver 1927-1928. Ces nouvelles ont été publiées en éditions préoriginales dans l'hebdomadaire Détective du 12 septembre au 19 décembre 1929 (n° 46-60), sous le pseudonyme de Georges Sim. Une quatorzième nouvelle, "L´affaire du canal" n'a pas été retenue par l'auteur pour publication dans Détective.  Acheter ce livre
Les 13 mystères  Les treize mystères (nouvelles) "Joseph Leborgne compulsa quelques dossiers, choisit presque au hasard une chemise qu'il me tendit. Sur cette chemise, il s'était contenté de coller des mots découpés dans un journal, où il avait constitué un titre en caractères gras : L'Affaire Lefrançois.
"Une affaire pour débutant ! me dit-il. Je parie qu'après cinq minutes, vous claironnez la solution."
Et il ne s'occupa plus de moi. Il alla s'asseoir dans un fauteuil, devant le radiateur électrique, et il tira à lui le guéridon sur lequel était posé un pot de confiture chinoise.
La plus mauvaise plaisanterie jouée à Joseph Leborgne avait été de l'appeler ainsi, car il portait son nom aussi mal que possible."

Ce petit homme de trente-cinq ans, célibataire, extrêmement soigné, vivait seul à l'hôtel, par horreur des complications de la vie. Qu'est-ce qui poussait cet étrange garçon à jouer les policiers ? Pourquoi ce timoré vivait-il parmi les histoires les plus effrayantes de son époque ? Il est vrai que Leborgne se contentait de faire ses enquêtes de son fauteuil et qu'il jurait n'avoir jamais vu un cadavre de sa vie. Il était fatal que Simenon rencontrât un jour cet amateur éclairé d'affaires sordides, cet inspecteur en chambre qui allait se révéler un conteur de talent, précis, adroit, impitoyable. L'inventeur de "Maigret", pour une fois, se contenterait d'écouter...
Ces nouvelles ont été publiées en éditions préoriginales dans l'hebdomadaire Détective, du 21 mars au 27 juin 1929 (n° 21 à 35), sous le pseudonyme de Georges Sim.
«Joseph Leborgne a plus d'allure, il résout les 13 mystères uniquement en lisant les coupures que Sim, toujours fidèle adjoint lui apporte.» (Maurice Dubourg, "Maigret et compagnie ou les détectives de l'agence Simenon", (Mystère magazine, décembre 1964) Acheter ce livre
 La figurante réédité plus tard sous le titre La jeune fille aux perles (pseudonyme Christian Brulls) "Un homme d'affaires parisien est acculé au suicide. Sa fille Nadine se retrouve seule face à la colère des créanciers. Un ami de son père, banquier, a pitié d'elle et l'emmène à Deauville où il est assassiné. Maigret mène l'enquête. Roman policier qui évoque le monde de la finance et nous fait rencontrer le Maigret des débuts."
 L'épave (pseudonyme Georges Sim).
 Fièvre (pseudonyme Christian Brulls) : Roman sentimental et policier.
«Très curieux est "Fièvre", car si le policier que l'on nous montre et qui joue un grand rôle s'appelle Torrence, on a bien plutôt l'impression qu'il devrait s'appeler Maigret. (...) Commissaire, il est célèbre à la PJ pour sa pipe en racine de bruyère et se trouve flanqué de l'inspecteur Lucas. Madame Torrence annonce aussi Madame Maigret. C'est "une femme accorte de quarante ans" qui s'inquiète avant tout de sa cuisine et qui a pour son mari des soins maternels. (...) Dans "Fièvre", Torrence-Maigret semble aller un peu loin pour un policier officiel.» (Maurice Dubourg, "Maigret et compagnie ou les détectives de l'agence Simenon", Mystère magazine, décembre 1964)


 Les forçats de Paris (pseudonyme Christian Brulls).
 La maison de l'inquiétude (pseudonyme Georges Sim) : "Roman qui nous fait rencontrer le Maigret des débuts."
«Lorsque Simenon veut monter une intrigue compliquée, touffue, il se perd en chemin, devient peu clair et arrive même, ce qui est extrêmement rare chez lui, à ennuyer. (...) Les dialogues sont toujours justes et les derniers chapitres sont dignes du meilleur Simenon. (...) Dans ce roman comme dans d'autres romans populaires, on trouve déjà ce goût prononcé de Simenon pour la médecine et les médecins.» (Maurice Dubourg, "Maigret et compagnie ou les détectives de l'agence Simenon", Mystère magazine, décembre 1964)
 Matricule 12 (pseudonyme Georges Sim).

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Dernière mise à jour de cette page le 19/03/2006.
 
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