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| Georges Simenon Bibliographie
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1934 : retour
L'homme
de Londres "Il n'avait pas la tête d'une brute. Bien au contraire,
il avait l'air d'un pauvre diable avec son air de clown désespéré.
Et pourtant il avait apporté de Londres une valise contenant un demi-million
et il avait tué son compagnon pour ne pas partager. Du haut de sa cage
vitrée, dans l'obscurité, Malouin, l'aiguilleur du port, pour son
malheur, avait tout vu. La vie de Malouin, désormais, court à la
catastrophe. On dirait qu'un mécanisme fatal s'est mis en marche et jamais
peut-être le héros de Simenon n'a atteint cette intensité
d'accablement, de malchance et de solitude morale."
L'homme de Londres, historiquement, c'est le surnom qui avait été
donné à Joseph Lebeau, conseiller de Léopold 1er de Belgique.
Cependant, en 1831, après que les Hollandais eurent séparé
l'armée de l'Escaut de l'armée de la Meuse, Lebeau conseilla au
roi d'adresser un appel pressant à Louis-Philippe pour obtenir une aide
militaire de la France. Ainsi, l'armée française commandée
par le maréchal Gérard devait-elle, à Anvers, faire reculer
l'armée hollandaise.
« Avec l´homme de londres le système policier cède à
l´aventure avec tout ce qu´elle comporte de ténébreux.
Et, ce qui est encore plus surprenant, l´aventure à son tour perd
de son intérêt en face du problème psychologique posé
par le cas d´un homme à la fois meurtrier et voleur mais que la nature
de ses crimes doit faire absoudre, sans discussion possible. » (Jean Rollot,
sans mention d´origine, 29 octobre 1943) Acheter
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Maigret
(M) "Le jeune inspecteur Lauer vient de commettre une imprudence professionnelle
qui peut lui causer de sérieux ennuis : chargé d'une surveillance
nocturne au Floria pour une affaire de meurtre et de drogue, il n'a pu empêcher
l'assassinat de celui qu'il surveillait, Pepito Palestrino, et, s'étant
affolé, a laissé sur place des indices qui ne pourront manquer de
faire de lui le suspect numéro un du crime, d'autant plus qu'il a été
apperçu sortant du bar, un revolver à la main. Conscient de sa faute
et des menaces qui pèsent sur lui, il se fait conduire la même nuit
sur les bords de la Loire où son oncle Maigret jouit d'une retraite campagnarde
paisible. L'ex-commissaire accepte d'aider son neveu en détresse et l'accompagne
à Paris en vue d'éclaircir l'affaire. Sa besogne n'est guère
facile, car il se heurte à d'anciens collègues qui n'apprécient
pas tous ses méthodes et qui ne consentiront à le seconder qu'avec
réticence. Pourtant, les soupçons de Maigret se portent assez rapidement
sur Germain Cageot, chef d'une petite bande de truands qui hante les environs
de la rue Fontaine. Son neveu ayant été arrêté, Maigret
décide de faire vite et se mêle de plus en plus ouvertement aux agissement
de la bande, d'où ressortent quelques personnalités : le bellâtre
marseillais Eugène, le fragile Joseph Audiat, la tendre prostituée
Fernande, entraînée malgré elle dans ce milieu... Le résultat
de ces dangereuses fréquentations ne se fait pas attendre : Maigret
est victime d'une tentative d'assassinat, à la suite de laquelle la P.J.
consent enfin à collaborer avec l'ancien commissaire. Un piège est
tendu à Cageot, selon le scénario suivant : Maigret, après
s'être rendu à son domicile, lui décrit la manière
dont il a fait tuer un premier complice, puis Pepito qui menaçait de parler.
Il perce à jour la personnalité de Cageot, un pleutre incapable
de tuer de ses mains, qui fait exécuter par d'autres les basses besognes.
Cageot, qui ignore que, grâce à un subterfuge de Maigret, la police
l'écoute au téléphone, se compromet dans la conversation.
Il est arrêté, tandis que certain membres de sa bande s'enfuient
à l'étranger."
Par ce titre, Simenon voulait clore la série des Maigret et se «débarrasse»
de son commissaire en l'envoyant en retraite à Meung-sur-Loire. Mais l'auteur
reçut de nombreuses lettres de protestation.
«Après sa mise à la retraite, Maigret a connu, chez Gallimard
puis aux Presses de la Cité, quatre-vingt-trois autres aventures.»
(Francis Lacassin)
«Relativement inexistant sur le plan proprement policier, ce roman, dont
on crut, à l'époque, qu'il était le chant du cygne de Maigret,
est un de ceux où se révèle le mieux l'envoûtante personnalité
du commissaire» (Maurice Dubourg, "Maigret et compagnie ou les détectives
de l'agence Simenon", Mystère magazine, décembre 1964)
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Le
locataire "Elie Nagéar aime trop l'argent facile. À Bruxelles,
la vente de tapis dans laquelle il aurait dû être intermédiaire
semble conicer et les deux cents mille francs promis s'éloignent. Alors,
il prend le train de nuit pour Paris avec un riche hollandais, le tue entre Saint-Quentin
et Compiègne, lui prend son argent puis revient tranquilement à
Bruxelles. Il y retrouve sa compagne d'aventures, Sylvie, entraîneuse dans
une boîte de nuit, au moment où le récit du meurtre est déjà
dans le journal, heureusement pour lui très incomplet. La menace d'une
enquête qui conduirait les policiers jusqu'à l'assassin est néanmoins
bien réelle et Sylvie décide de l'envoyer à Charleroi, chez
sa mère qui loue des chambres garnies à de jeunes hommes de nationalité
diverses, étudiants pour la plupart. C'est dans la cuisine qu'il passe
le plus clair de son temps, à guetter les autres locataires, de plus en
plus soupçonneux... Antoinette, la jeune sœur de Sylvie, qui vit toujours
chez ses parents, sera la première à comprendre que la situation
est beaucoup plus compliquée qu'elle n'en a l'air. Sa mère est tombée
sous le charme du voyou et son père apprécie plutôt ce locataire.
Les autres, plus ou moins consentants, acceptent de taire leurs soupçons,
puis leurs certitudes."
L'un des bons romans policiers de l'auteur, sans la présence de Maigret.
Atmosphère envoûtante et étrange. Énigme qui se nourrit
de ce climat insolite. Ce roman n'est policier qu'accessoirement. Il relève
de ce que les sociologues appellent la déviance, soit la rupture, la transgression
sur le plan idéologique et pratique par rapport à ce que l'on peut
identifier comme normal. Il y a donc ici récit psychologique, avec analyse
de comportement et description d'actes manqués ou, au contraire, survoltés
par l'angoisse ou la passion."
«André Gide, à la lecture des premiers Maigret, avait deviné
en leur auteur un futur maître du roman psychologique.» (Francis Lacassin).
II insista auprès de Gaston Gallimard pour qu'il le publie et, en 1933,
Georges Simenon et Gallimard seront liés par contrat jusqu'en 1945.
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Les
suicidés "Il n'y avait qu'une table dans un coin. Il y installa
sa compagne, devant une feuille de papier, et dicta : "Mes chers parents,
ne me faites pas rechercher. Je suis heureuse. Si on essayait de me ramener à
la maison, je me tuerais". Elle écrivait, sans le regarder. Il frémissait.
Chaque mot tracé sur le papier était une nouvelle victoire. Il eut
une inquiétude, la dictée finie, quand il vit la plume s'abaisser
à nouveau sur la feuille. "Pardon, papa", ajouta-t-elle. Émile
et Juliette, amants mal assortis, fuient Nevers et tentent de se cacher à
Paris. La famille part en chasse, les traque, va les surprendre. Pris au piège,
les jeunes gens ne trouvent qu'une issue : fuir dans la mort. Mais quand
on est un pauvre type, on rate même son suicide. Avec la minutie magique
de son écriture, Simenon entraîne le lecteur tout au long de ce récit
haletant, piégé par les réseaux toujours plus étroits
de la fatalité."
L'évasion
(pseudonyme Christian Brulls) : Dans "L´autre univers de Simenon",
Michel Lemoine précise que dans "L'évasion", Lucas et
Maigret sont cités sans apparaître. On prie le premier de téléphoner
au parquet et le second prononce, par téléphone interposé,
une phrase qui ne sera pas impérissable : « - Allô !
Allô !... Ici le commissaire Maigret...»
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Dernière mise à jour de cette page le 20/03/2006.
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