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Georges Simenon  Bibliographie

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1944 :  retour
Signé Picpus
 Signé Picpus, suivi de L'inspecteur Cadavre - Félicie est là, et des "Nouvelles exotiques" (L'escale de Buenaventura - Un crime au Gabon - Le policier d'Istanbul - L'enquête de Mademoiselle Doche - La ligne du désert).
  • Signé Picpus : "Malgré un avertissement qui se termine par les mots "signé Picpus", la police ne peut empêcher le meurtre d'une voyante appelée Mme Jeanne. Dans l'appartement de la victime, Maigret découvre, enfermé dans la cuisine, un vieillard hébété, l'énigmatique Le Cloaguen, qui prétend ne rien savoir du crime qui vient d'être commis. Maigret, aussitôt, le devine innocent. Il le reconduit chez lui et découvre son milieu familial : une épouse acariâtre, une fille prétentieuse... Mme Le Cloaguen affirme que son mari, ancien médecin de la marine, est fou. Néanmoins, elle le soustrait aux psychiatres envoyés par le juge d'instruction. Forçant le mystère qui entoure les Le Cloaguen, Maigret parvient à rassembler quelques renseignements : la famille a quitté précipitament Saint-Raphaël pour Paris. D'autre part, Le Cloaguen reçoit à son nom une rente de 200.000 francs, que lui sert par reconnaissance un éleveur argentin diont il a sauvé la fille. Détail bizarre : lors de chacune de ses visites annuelles, l'avoué chargé de l'affaire l'a trouvé malade, couché dans une chambre aussi mal éclairée que possible, comme s'il avait voulu se dissimuler aux regards. Peu de temps après, Maigret rencontre Mme Biron, la sœur de l'ancien médecin. Au cours d'une confrontation, Mme Biron ne reconnaît pas son frère. Le corps de ce dernier sera découvert dans son ancienne villa de Saint-Raphaël. Quant au faux Le Cloaguen, il s'agit du père de Jeanne, un clochard du nom de Picard, que Mme le Cloaguen a rencontré dans ler port de Cannes et qu'elle a fait passer pour son mari afin de continuer à percevoir la rente. Jeanne était la complice de M. Blaise, in maître chanteur qui avait découvert la véritable identité du médecin. Craignant pour son père, elle avait menacé de tout dévoiler et Blaise avait décidé de la supprimer. Mais il y avait Mascouvin, le malhonnête homme scrupuleux qui, entraîné dans cette affaire malgré lui et pris de remors, avait averti la police sans vouloir se dénoncer : c'est pourquoi il avait écrit l'avertissement anonyme..."
  • L'inspecteur Cadavre : "Le 7 janvier, à Saint Aubin les Marais, Albert Retailleau est écrasé par un train. Accident ou meurtre ? La rumeur publique accuse Étienne Naud, qui, pour étouffer le scandale, demande conseil à son beau-frêre, juge parisien, lequel prie son ami Maigret d'aller sur place aider Naud. À Saint Aubin, Maigret, qui n'est pas en mission officielle, est mal à l'aise. La famille Naud ne paraît guère apprécier sa présence, les gens du bourg se taisent ou jugent indésirable ce commissaire qui semble protéger la haute société incarnée par les Naud. De plus, que vient faire dans le pays le détective parisien Cavre, surnommé "l'inspecteur Cadavre" ? Quel rôle joue Alban Groult-Cottele, ami des Naud, qui s'empresse de fournir à Maigret un alibi pour la nuit de l'accident ? Le seul indice solide est la confidence faite au commissaire par Geneviève Naud : ses parents ignorent que Retailleau était son amant et qu'elle est enceinte. peu à peu, quelques villageois s'aperçoivent que Maigret cherche avant tout la vérité. Ils parlent et si les autres se taisent, c'est parce qu'on a acheté leur silence. Le commissaire apprend ainsi que Retailleau allait quiter Geneviève et qu'il était bien décidé à le lui dire le soir de l'accident. Maigret surprend une communication téléphonique compromettante pour Naud. D'autre part, Groult-Cottele se révèle un être lâche et vicieux. Finalement, devant les indices accumulés par Maigret, Naud s'effondre : il a surpris Retailleau sortant de la chambre de sa fille, la suivi, l'a tué et alaissé croire à un accident. Il n'a averti que sa femme et Groult-Cottele. Il a fait venir Cavre, ignorant que son beau-frère allait lui envoyer Maigret. Mais Naud ne sait pas toute la vérité. Pour Maigret, le vrai coupable est Groult-Cottele : c'est lui qui a séduit Geneviève, la rendue enceinte et l'a poussée dans les bras de Retailleau, comptant faire endosser la paternité au jeune homme. Il serait ainsi resté l'ami et l'amant... C'était compter sans Retailleau qui avait compris la manœuvre et, le soir du crime, était venu rompre avec Geneviève. Maigret, venu officieusement aider les Naud, est dégoûté, mais ne fait arrêter personne : il pense que tout finit toujours par s'arranger. En effet, plus tard; en Argentine, Groult-Cottele épousera Geneviève."
  • Félicie est là : "Pourquoi a-t-on assassiné chez lui Jules Lapie, dit Jambe-de-Bois, qui passait une vieillesse paisible dans sa nouvelle maison des environs de Poissy ? Maigret pressent que Félicie, la bonne de Lapie, sortie faire des achats au moment de l'assassinat, sait quelque chose, mais elle reste muette. Son comportement irrite et intrigue le commissaire qui ne la quite guère au cours de son enquête. Cette jeune fille aux abords revêches se révèle en fait très sensible, mais, peu choyée par l'existence, elle transpose dans la réalité les rêves et les fantasmes issus de ses lectures. Maigret devine rapidement que Félicie est amoureuse de Jacques Pétillon, neuveu de la victime, qui a naguère vécu six mois chez son oncle. Or Jacques, depuis l'assassinat, erre à Paris, à Rouen, comme s'il cherchait quelqu'un. À bout de résistance, il est sur le point de parler au commissaire, lorsqu'on tente de l'assassiner place Pigalle. Grièvement blessé, Jacques ne parlera pas, mais l'enquête progresse : reconstituant les faits et gestes de Félicie, Maigret comprend qu'elle a vu Jacques près de la maison le jour du crime. Persuadée de la culpabilité du jeune homme, elle s'est tue et a caché les indices compromettants. Pendant quelques jours, elle a été une héroïne, comme dans les feuilletons qu'elle lisait... Jacques n'est pourtant pas l'assassin, mais il a été victime de ses fréquentations douteuses. Los du séjour chez son oncle, il avait hébergé secrètement Albert Babeau, surnommé "Le musicien" dans le milieu de Pigalle. À l'insu de Jacques, ce dernier avait dissimulé chez Lapie une somme d'argent considérable, produit d'un cambriolage, avant d'être arrété par la police. À se sortiede prison, le Musicien, voulant récupérer l'argent, s'est rendu chez Lapie avec Jacques qui l'a accompagné en toute confiance. Pendant que Jacques retenait son oncle dans le jardin, le Musicien était dans la maison. Lapie a entendu du bruit a l'intérieur, a surpris le cambrioleur qui n'a pas hésité à l'abattre. Jacques s'est enfui et a tenté de retrouver le tueur, mais c'est le Musicien qui l'a retrouvé... Félicie peut rêver à son aise : celui qu'elle aime est dans un triste état, mais n'est pas coupable."

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     Le rapport du gendarme "Un soir d'orage, un homme blessé par une voiture est ramassé sur la route et porté dans la ferme la plus proche. Là habitent Étienne Roy, un paysan un peu sauvage, un peu demeuré, sa femme Joséphine et leur fille. Au cours de l'enquête, Joséphine dissimule un petit papier échappé de la poche du blessé. Sur ce papier on déchiffre mal une adresse : celle justement de la ferme Roy. Le geste de Joséphine a suffi pour créer le doute. La police rôde sans repos. Un enchaînement subtil permettra au gendarme d'établir un rapport inflexible. La colère d'Étienne éclate dans le meurtre..."
    Ce roman a été publié en édition pré originale, en 1942 dans la revue Actu, sous le titre "Le mystère du gros noyer".
    «Cet ouvrage assez bref est d´une magnifique densité humaine et romanesque (...) lisez plutôt comment Simenon dépeint une scène de labour et dites-moi si deux pages de roman policier ne nous en apprennent pas davantage que deux volumes du photographe Zola ? (...) Le brigadier Liberge, émule du commissaire Maigret, quelle trouvaille ! Et quelle leçon d´humilité à l´usage des juges d´instruction !» (Henri Poulain, la Chronique de Paris, n° 7, mai 1944).  Acheter ce livre
     Les nouvelles enquêtes de Maigret (nouvelles : La péniche aux deux pendus - L'affaire du Boulevard Beaumarchais - La fenêtre ouverte - Monsieur Lundi - Jeumont, 51 minutes d'arrêt ! - Peine de mort - Les larmes de bougie - Rue Pigalle - Une erreur de Maigret - L'amoureux de Madame Maigret - La vieille dame de Bayeux - L'auberge aux noyés - Stan le tueur - L'Étoile du Nord - Tempête sur la Manche - Mademoiselle Berthe et son amant - Le notaire de Châteauneuf) (M).
    «Simenon hésite à faire disparaître totalement Maigret, il le met, dans les trois derniers récits du moins, à la retraite. En somme Simenon tâte son public (...) Si on me demandait mon avis sur la retraite de Maigret, je serais d´avis de le laisser planter ses choux sur le bord de la Loire, il a bien droit au repos.» (Ralph Messac, le Populaire, 1944) Acheter ce livre

    1945 :  retour
    L'aîné des Ferchaux
     L'aîné des Ferchaux "Dieudonné Ferchaux, devenu vieux et tyrannique, engage comme secrétaire Michel Maudet, garçon famélique et avide de vivre. Des liens étroits et ambigus se nouent entre les deux hommes ; haine et admiration se mêlent. Traqués par la police, ils s'enfuient à Panama, puis dans divers pays d'Amérique du Sud ; commence alors la dernière aventure de l'aîné des Ferchaux..."
    Autour de l'aventurier Dieudonné Ferchaux, Simenon a construit un roman d'une rare intensité dramatique. Un double intérêt : selon Narcejac dans "Le cas Simenon", c'est le roman le mieux écrit de l'auteur, et selon Melville, qui en a réalisé un film en 1963, une belle histoire d'amitié.
    «L´aîné des Ferchaux marque un tournant dans l´existence littéraire de Simenon (...) N´avait-il pas lui-même prévu et annoncé cette évolution il y a une vingtaine d´années ?» (Frédéric Lefèvre, sans mention d´origine, 1945)
    « M. Georges Simenon publie cette semaine un nouveau roman qui représente dans son œuvre, un effort exceptionnel : L´aîné des ferchaux. (...) Officiellement, c´est le soixante-dix-huitième. Production stupéfiante si l´on considère que M. Simenon est un homme jeune, capable d´écrire encore sur un rythme effréné pendant de nombreuses années, enfermé dans une chambre d´hôtel entre sa secrétaire, sa machine à écrire et sa bouteille de whisky. (...) M. Simenon est un grand illusionniste qui fait croire qu´il compose des romans d´action et d´aventures palpitantes alors que dans ses livres, il ne se passe absolument rien. M. Simenon a réussi le prodige de passer pour un écrivain d´imagination alors qu´il manque d´imagination à un degré presque incroyable. C´est cela qui est prodigieux. Mais il faut reconnaître que M. Simenon masque sa lacune essentielle par un don d´observation à peu près unique au monde.» (Coupure de presse sans signature ni mention d´origine, juin 1945)
    En 1961, Jean Valère a souhaité adapter pour le cinéma "L'aîné des Ferchaux" avec Michel Simon, Alain Delon et Romy Schneider dans les rôles principaux. Le projet n'a pas abouti.  Acheter ce livre
     La fenêtre des Rouet "Dans le logement exigu d'une maison qui appartient à sa famille, Dominique Salès vit une existence confinée et insipide. À côté de sa chambre habite un jeune couple, les Caille, dont la vitalité dérange la vieille fille déchue et déçue. En face : la maison des Rouet, riches industriels, le père et la mère au second étage, le fils et la belle-fille au premier. Guettant les moindres faits et gestes de son voisinage, Dominique Salès trouve ainsi une sorte d'existence par procuration. Un jour, elle observe qu'Antoinette Rouet, rentrant chez elle, trouve son mari, qui est cardiaque, en train d'agoniser. Au lieu de le secourir, elle verse les gouttes de son médicament au pied d'une des plantes vertes de l'appartement. Dominique est offusquée et le sera davantage encore par les libertés que s'offre la jeune veuve. Elle lui enverra des lettres anonymes et ira jusqu'à la prendre en filature. Antoinette, qui a rajeuni l'appartement où ses beaux-parents désirent qu'elle continue à vivre, a un premier amant, puis un second qu'elle reçoit chez elle jusqu'au moment où, surprise par les Rouet, elle est chassée de la maison après avoir offert à la vieille fille, qui ne cesse de l'épier, le spectacle d'un scandale délectable. Mais Dominique, depuis quelque temps déjà, s'était prise à envier le goût du plaisir et de la liberté qui dévorait Antoinette. Et voici que les Caille, à leur tour, s'apprêtent à partir avec leur bonheur exubérant. Alors, Dominique Salès, devant le vide qui l'entoure, prend conscience de l'échec de sa propre vie. Désespérée, elle absorbe une dose fatale de somnifères après avoir parsemé son lit de roses et revêtu sa plus belle chemise de nuit, celle qu'elle avait brodée autrefois, lorsqu'elle songeait au mariage."
    La fuite de Monsieur Monde
     La fuite de Monsieur Monde "Mr Monde a de l'argent, une femme ennuyeuse, un fils un peu trop efféminé, des employés respectueux. Il ne s'est jamais demandé s'il était heureux ou malheureux. Or, un beau jour, Mr Monde découvre que sa vie n'a aucun sens. Cette découverte, au lieu de le déprimer, lui donne le courage, à quarante-huit ans, de tout quitter. S'en aller. Devenir anonyme ou quelqu'un d'autre. Se mêler à la foule mystérieuse et vivante qui s'écoule autour de lui comme un fleuve. Être libre. Ce jour-là, Mr Monde ne laissera pas passer l'heure du choix. Alors il rase sa moustache, vide son compte en banque, loue des vêtements de confection, et prend le premier train pour Marseille. Norbert Monde, personnage dont le patronyme est déjà tout un programme, tente d'échapper à sa famille afin de se délester du poids des responsabilités et de l'héritage des aïeux. Obsédé par les vivants et les fantômes, il voudrait jeter le passif de son bilan marqué d'un "froid et lucide désespoir".
    "Il était cinq heures de l'après-midi, à peine un peu plus - une légère flexion de la grande aiguille vers la droite..." Voilà tout ce qu'il faut pour imposer une atmosphère. N'est pas Simenon qui veut. Pour atteindre ce degré de simplicité, il faut avoir écrit des torrents de mots. Sans intrigue criminelle, un des romans les plus fouillés de Simenon sur les étranges réflexes occasionnés par des incidents insignifiants mais dont la cause profonde repose dans les tréfonds de l'âme. Thème cher au romancier dont le réalisme feutré n'est pas sans filtrer l'angoisse d'exister." Acheter ce livre
     Je me souviens… : Récit de ses souvenirs d'enfance écrit pour son fils après qu'un radiologue lui ai diagnostiqué par erreur une angine de poitrine.
    «En 1940, je me croyais condamné. J'ai voulu compter ma vie pour mon fils qui venait de naître et qui ne me connaîtrait pas. Or le médecin s'était mis le doigt dans l'œil. Gide m'a dit le je ne vous convient pas. Mettez toute cette histoire à la troisième personne. L'ouvrage devait avoir trois volumes. Le premier m'a coûté dix millions en procès, en arrangements avec des quidams que j'avais censément diffamés. Pas si bête, j'ai arrêté les frais.» (Georges Simenon, sans mention d'origine, 1956)
     L'aventure (conférence prononcée en 1937).

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    Dernière mise à jour de cette page le 10/12/2005.
     
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