| Georges Simenon Bibliographie
Page précédente
1921 1924 1925 1926 1927 1928 1929
1930 1931 1932 1933 1934 1935 1936 1937 1938 1939
1940 1941 1942 1943 1944 1945 1946 1947 1948 1949
1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959
1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969
1970 1971 1972 1974 1975 1976 1977 1978 1979
1980 1981 1989
1991 1993
1944 : retour
 |
|
Signé Picpus, suivi de L'inspecteur
Cadavre - Félicie est là, et des "Nouvelles exotiques"
(L'escale de Buenaventura - Un crime au Gabon - Le policier d'Istanbul -
L'enquête de Mademoiselle Doche - La ligne du désert). Signé
Picpus : "Malgré un avertissement qui se termine par les mots
"signé Picpus", la police ne peut empêcher le meurtre d'une
voyante appelée Mme Jeanne. Dans l'appartement de la victime, Maigret découvre,
enfermé dans la cuisine, un vieillard hébété, l'énigmatique
Le Cloaguen, qui prétend ne rien savoir du crime qui vient d'être
commis. Maigret, aussitôt, le devine innocent. Il le reconduit chez lui
et découvre son milieu familial : une épouse acariâtre,
une fille prétentieuse... Mme Le Cloaguen affirme que son mari, ancien
médecin de la marine, est fou. Néanmoins, elle le soustrait aux
psychiatres envoyés par le juge d'instruction. Forçant le mystère
qui entoure les Le Cloaguen, Maigret parvient à rassembler quelques renseignements :
la famille a quitté précipitament Saint-Raphaël pour Paris.
D'autre part, Le Cloaguen reçoit à son nom une rente de 200.000
francs, que lui sert par reconnaissance un éleveur argentin diont il a
sauvé la fille. Détail bizarre : lors de chacune de ses visites
annuelles, l'avoué chargé de l'affaire l'a trouvé malade,
couché dans une chambre aussi mal éclairée que possible,
comme s'il avait voulu se dissimuler aux regards. Peu de temps après, Maigret
rencontre Mme Biron, la sœur de l'ancien médecin. Au cours d'une confrontation,
Mme Biron ne reconnaît pas son frère. Le corps de ce dernier sera
découvert dans son ancienne villa de Saint-Raphaël. Quant au faux
Le Cloaguen, il s'agit du père de Jeanne, un clochard du nom de Picard,
que Mme le Cloaguen a rencontré dans ler port de Cannes et qu'elle a fait
passer pour son mari afin de continuer à percevoir la rente. Jeanne était
la complice de M. Blaise, in maître chanteur qui avait découvert
la véritable identité du médecin. Craignant pour son père,
elle avait menacé de tout dévoiler et Blaise avait décidé
de la supprimer. Mais il y avait Mascouvin, le malhonnête homme scrupuleux
qui, entraîné dans cette affaire malgré lui et pris de remors,
avait averti la police sans vouloir se dénoncer : c'est pourquoi il
avait écrit l'avertissement anonyme..."
L'inspecteur Cadavre : "Le 7 janvier, à Saint Aubin les
Marais, Albert Retailleau est écrasé par un train. Accident ou meurtre ?
La rumeur publique accuse Étienne Naud, qui, pour étouffer le scandale,
demande conseil à son beau-frêre, juge parisien, lequel prie son
ami Maigret d'aller sur place aider Naud. À Saint Aubin, Maigret, qui n'est
pas en mission officielle, est mal à l'aise. La famille Naud ne paraît
guère apprécier sa présence, les gens du bourg se taisent
ou jugent indésirable ce commissaire qui semble protéger la haute
société incarnée par les Naud. De plus, que vient faire dans
le pays le détective parisien Cavre, surnommé "l'inspecteur
Cadavre" ? Quel rôle joue Alban Groult-Cottele, ami des Naud,
qui s'empresse de fournir à Maigret un alibi pour la nuit de l'accident ?
Le seul indice solide est la confidence faite au commissaire par Geneviève
Naud : ses parents ignorent que Retailleau était son amant et qu'elle
est enceinte. peu à peu, quelques villageois s'aperçoivent que Maigret
cherche avant tout la vérité. Ils parlent et si les autres se taisent,
c'est parce qu'on a acheté leur silence. Le commissaire apprend ainsi que
Retailleau allait quiter Geneviève et qu'il était bien décidé
à le lui dire le soir de l'accident. Maigret surprend une communication
téléphonique compromettante pour Naud. D'autre part, Groult-Cottele
se révèle un être lâche et vicieux. Finalement, devant
les indices accumulés par Maigret, Naud s'effondre : il a surpris
Retailleau sortant de la chambre de sa fille, la suivi, l'a tué et alaissé
croire à un accident. Il n'a averti que sa femme et Groult-Cottele. Il
a fait venir Cavre, ignorant que son beau-frère allait lui envoyer Maigret.
Mais Naud ne sait pas toute la vérité. Pour Maigret, le vrai coupable
est Groult-Cottele : c'est lui qui a séduit Geneviève, la rendue
enceinte et l'a poussée dans les bras de Retailleau, comptant faire endosser
la paternité au jeune homme. Il serait ainsi resté l'ami et l'amant...
C'était compter sans Retailleau qui avait compris la manœuvre et,
le soir du crime, était venu rompre avec Geneviève. Maigret, venu
officieusement aider les Naud, est dégoûté, mais ne fait arrêter
personne : il pense que tout finit toujours par s'arranger. En effet, plus
tard; en Argentine, Groult-Cottele épousera Geneviève."
Félicie est là : "Pourquoi a-t-on assassiné
chez lui Jules Lapie, dit Jambe-de-Bois, qui passait une vieillesse paisible dans
sa nouvelle maison des environs de Poissy ? Maigret pressent que Félicie,
la bonne de Lapie, sortie faire des achats au moment de l'assassinat, sait quelque
chose, mais elle reste muette. Son comportement irrite et intrigue le commissaire
qui ne la quite guère au cours de son enquête. Cette jeune fille
aux abords revêches se révèle en fait très sensible,
mais, peu choyée par l'existence, elle transpose dans la réalité
les rêves et les fantasmes issus de ses lectures. Maigret devine rapidement
que Félicie est amoureuse de Jacques Pétillon, neuveu de la victime,
qui a naguère vécu six mois chez son oncle. Or Jacques, depuis l'assassinat,
erre à Paris, à Rouen, comme s'il cherchait quelqu'un. À
bout de résistance, il est sur le point de parler au commissaire, lorsqu'on
tente de l'assassiner place Pigalle. Grièvement blessé, Jacques
ne parlera pas, mais l'enquête progresse : reconstituant les faits
et gestes de Félicie, Maigret comprend qu'elle a vu Jacques près
de la maison le jour du crime. Persuadée de la culpabilité du jeune
homme, elle s'est tue et a caché les indices compromettants. Pendant quelques
jours, elle a été une héroïne, comme dans les feuilletons
qu'elle lisait... Jacques n'est pourtant pas l'assassin, mais il a été
victime de ses fréquentations douteuses. Los du séjour chez son
oncle, il avait hébergé secrètement Albert Babeau, surnommé
"Le musicien" dans le milieu de Pigalle. À l'insu de Jacques,
ce dernier avait dissimulé chez Lapie une somme d'argent considérable,
produit d'un cambriolage, avant d'être arrété par la police.
À se sortiede prison, le Musicien, voulant récupérer l'argent,
s'est rendu chez Lapie avec Jacques qui l'a accompagné en toute confiance.
Pendant que Jacques retenait son oncle dans le jardin, le Musicien était
dans la maison. Lapie a entendu du bruit a l'intérieur, a surpris le cambrioleur
qui n'a pas hésité à l'abattre. Jacques s'est enfui et a
tenté de retrouver le tueur, mais c'est le Musicien qui l'a retrouvé...
Félicie peut rêver à son aise : celui qu'elle aime est
dans un triste état, mais n'est pas coupable."
Acheter
ce livre |
Le
rapport du gendarme "Un soir d'orage, un homme blessé par une voiture
est ramassé sur la route et porté dans la ferme la plus proche.
Là habitent Étienne Roy, un paysan un peu sauvage, un peu demeuré,
sa femme Joséphine et leur fille. Au cours de l'enquête, Joséphine
dissimule un petit papier échappé de la poche du blessé.
Sur ce papier on déchiffre mal une adresse : celle justement de la
ferme Roy. Le geste de Joséphine a suffi pour créer le doute. La
police rôde sans repos. Un enchaînement subtil permettra au gendarme
d'établir un rapport inflexible. La colère d'Étienne éclate
dans le meurtre..."
Ce roman a été publié en édition pré originale,
en 1942 dans la revue Actu, sous le titre "Le mystère du gros noyer".
«Cet ouvrage assez bref est d´une magnifique densité humaine
et romanesque (...) lisez plutôt comment Simenon dépeint une scène
de labour et dites-moi si deux pages de roman policier ne nous en apprennent pas
davantage que deux volumes du photographe Zola ? (...) Le brigadier Liberge,
émule du commissaire Maigret, quelle trouvaille ! Et quelle leçon
d´humilité à l´usage des juges d´instruction !»
(Henri Poulain, la Chronique de Paris, n° 7, mai 1944). Acheter
ce livre
Les
nouvelles enquêtes de Maigret (nouvelles : La péniche aux deux
pendus - L'affaire du Boulevard Beaumarchais - La fenêtre ouverte -
Monsieur Lundi - Jeumont, 51 minutes d'arrêt ! - Peine de
mort - Les larmes de bougie - Rue Pigalle - Une erreur de Maigret -
L'amoureux de Madame Maigret - La vieille dame de Bayeux - L'auberge
aux noyés - Stan le tueur - L'Étoile du Nord - Tempête
sur la Manche - Mademoiselle Berthe et son amant - Le notaire de Châteauneuf)
(M).
«Simenon hésite à faire disparaître totalement Maigret,
il le met, dans les trois derniers récits du moins, à la retraite.
En somme Simenon tâte son public (...) Si on me demandait mon avis sur la
retraite de Maigret, je serais d´avis de le laisser planter ses choux sur
le bord de la Loire, il a bien droit au repos.» (Ralph Messac, le Populaire,
1944) Acheter
ce livre
1945 : retour
 |
|
L'aîné des Ferchaux "Dieudonné
Ferchaux, devenu vieux et tyrannique, engage comme secrétaire Michel Maudet,
garçon famélique et avide de vivre. Des liens étroits et ambigus
se nouent entre les deux hommes ; haine et admiration se mêlent. Traqués
par la police, ils s'enfuient à Panama, puis dans divers pays d'Amérique du Sud ;
commence alors la dernière aventure de l'aîné des Ferchaux..."
Autour de l'aventurier Dieudonné Ferchaux, Simenon a construit un roman
d'une rare intensité dramatique. Un double intérêt :
selon Narcejac dans "Le cas Simenon", c'est le roman le mieux écrit
de l'auteur, et selon Melville, qui en a réalisé un film en 1963,
une belle histoire d'amitié. «L´aîné des
Ferchaux marque un tournant dans l´existence littéraire de Simenon
(...) N´avait-il pas lui-même prévu et annoncé cette
évolution il y a une vingtaine d´années ?» (Frédéric
Lefèvre, sans mention d´origine, 1945) « M. Georges Simenon
publie cette semaine un nouveau roman qui représente dans son œuvre,
un effort exceptionnel : L´aîné des ferchaux. (...) Officiellement,
c´est le soixante-dix-huitième. Production stupéfiante si
l´on considère que M. Simenon est un homme jeune, capable d´écrire
encore sur un rythme effréné pendant de nombreuses années,
enfermé dans une chambre d´hôtel entre sa secrétaire,
sa machine à écrire et sa bouteille de whisky. (...) M. Simenon
est un grand illusionniste qui fait croire qu´il compose des romans d´action
et d´aventures palpitantes alors que dans ses livres, il ne se passe absolument
rien. M. Simenon a réussi le prodige de passer pour un écrivain
d´imagination alors qu´il manque d´imagination à un degré
presque incroyable. C´est cela qui est prodigieux. Mais il faut reconnaître
que M. Simenon masque sa lacune essentielle par un don d´observation à
peu près unique au monde.» (Coupure de presse sans signature ni mention
d´origine, juin 1945)
En 1961, Jean Valère a souhaité adapter pour le cinéma "L'aîné
des Ferchaux" avec Michel Simon, Alain Delon et Romy Schneider dans les rôles
principaux. Le projet n'a pas abouti. Acheter
ce livre |
La
fenêtre des Rouet "Dans le logement exigu d'une maison qui appartient
à sa famille, Dominique Salès vit une existence confinée
et insipide. À côté de sa chambre habite un jeune couple,
les Caille, dont la vitalité dérange la vieille fille déchue
et déçue. En face : la maison des Rouet, riches industriels,
le père et la mère au second étage, le fils et la belle-fille
au premier. Guettant les moindres faits et gestes de son voisinage, Dominique
Salès trouve ainsi une sorte d'existence par procuration. Un jour, elle
observe qu'Antoinette Rouet, rentrant chez elle, trouve son mari, qui est cardiaque,
en train d'agoniser. Au lieu de le secourir, elle verse les gouttes de son médicament
au pied d'une des plantes vertes de l'appartement. Dominique est offusquée
et le sera davantage encore par les libertés que s'offre la jeune veuve.
Elle lui enverra des lettres anonymes et ira jusqu'à la prendre en filature.
Antoinette, qui a rajeuni l'appartement où ses beaux-parents désirent
qu'elle continue à vivre, a un premier amant, puis un second qu'elle reçoit
chez elle jusqu'au moment où, surprise par les Rouet, elle est chassée
de la maison après avoir offert à la vieille fille, qui ne cesse
de l'épier, le spectacle d'un scandale délectable. Mais Dominique,
depuis quelque temps déjà, s'était prise à envier
le goût du plaisir et de la liberté qui dévorait Antoinette.
Et voici que les Caille, à leur tour, s'apprêtent à partir
avec leur bonheur exubérant. Alors, Dominique Salès, devant le vide
qui l'entoure, prend conscience de l'échec de sa propre vie. Désespérée,
elle absorbe une dose fatale de somnifères après avoir parsemé
son lit de roses et revêtu sa plus belle chemise de nuit, celle qu'elle
avait brodée autrefois, lorsqu'elle songeait au mariage."
 |
|
La fuite de Monsieur Monde "Mr Monde
a de l'argent, une femme ennuyeuse, un fils un peu trop efféminé,
des employés respectueux. Il ne s'est jamais demandé s'il était
heureux ou malheureux. Or, un beau jour, Mr Monde découvre que sa vie n'a
aucun sens. Cette découverte, au lieu de le déprimer, lui donne
le courage, à quarante-huit ans, de tout quitter. S'en aller. Devenir anonyme
ou quelqu'un d'autre. Se mêler à la foule mystérieuse et vivante
qui s'écoule autour de lui comme un fleuve. Être libre. Ce jour-là,
Mr Monde ne laissera pas passer l'heure du choix. Alors il rase sa moustache,
vide son compte en banque, loue des vêtements de confection, et prend le
premier train pour Marseille. Norbert Monde, personnage dont le patronyme est
déjà tout un programme, tente d'échapper à sa famille
afin de se délester du poids des responsabilités et de l'héritage
des aïeux. Obsédé par les vivants et les fantômes, il
voudrait jeter le passif de son bilan marqué d'un "froid et lucide
désespoir". "Il était cinq heures de l'après-midi,
à peine un peu plus - une légère flexion de la grande
aiguille vers la droite..." Voilà tout ce qu'il faut pour imposer
une atmosphère. N'est pas Simenon qui veut. Pour atteindre ce degré
de simplicité, il faut avoir écrit des torrents de mots. Sans intrigue
criminelle, un des romans les plus fouillés de Simenon sur les étranges
réflexes occasionnés par des incidents insignifiants mais dont la
cause profonde repose dans les tréfonds de l'âme. Thème cher
au romancier dont le réalisme feutré n'est pas sans filtrer l'angoisse
d'exister." Acheter
ce livre |
Je
me souviens… : Récit de ses souvenirs d'enfance écrit pour
son fils après qu'un radiologue lui ai diagnostiqué par erreur une
angine de poitrine.
«En 1940, je me croyais condamné. J'ai voulu compter ma vie pour
mon fils qui venait de naître et qui ne me connaîtrait pas. Or le
médecin s'était mis le doigt dans l'œil. Gide m'a dit le je
ne vous convient pas. Mettez toute cette histoire à la troisième
personne. L'ouvrage devait avoir trois volumes. Le premier m'a coûté
dix millions en procès, en arrangements avec des quidams que j'avais censément
diffamés. Pas si bête, j'ai arrêté les frais.»
(Georges Simenon, sans mention d'origine, 1956)
L'aventure
(conférence prononcée en 1937).
Sommet de la page
Pour toute question ou remarque concernant ce
site, envoyez un courriel à jacques @ 0faute.com
Dernière mise à jour de cette page le 10/12/2005.
|