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| Georges Simenon Bibliographie
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1991 1993
1948 : retour
Le
bilan Malétras "Ce samedi-là, au Cintra où il se
rend chaque fin d'après-midi pour y prendre sa consommation à côté
des bridgeurs habituels, Jules Malétras, riche commerçant retiré
des affaires, charge un de ses voisins de table de prévenir sa femme qu'il
ne rentrera pas dîner. Il va rejoindre sa jeune maîtresse Lulu, un
fille très ordinaire pour laquelle il n'éprouve ni amour, ni passion,
mais qu'il entretient, histoire de meubler un peu le désœuvrement
de sa vie. Or, la soirée, qui a mal commencépar la faute de la jeune
fille, se termine plus mal encore. Quand le couple a regagné le logis miteux
de Lulu, celle-ci a refusé de se dévétir, et Malétras,
l'ayant saisie à la gorge, l'a étranglée sans l'avoir cherché,
tout bêtement. Au même moment est apparu Joseph, l'ami que la victime
avait présenté comme son frère à Malétras,
lequel n'était pas dupe. Très maître de lui, Joseph dissuade
Malétras d'aller se livrer à la police : qu'il lui fasse seulement
confiance, il arrangera tout. Et de fait, lorsque Malétras revoit Joseph,
qu'il soupçonne à tort de vouloir faire du chantage, celui-ci a
machiné tout un plan qui laissera croire au départ inopiné
de Lulu dont il fera disparaître le corps plus tard. L'étrange garçon
ne veut pas d'argent : c'est tout juste s'il consent à recevoir une
aide financière que le pousse à accepter Malétras, conscient
d'acheter l'impunité à bon compte. Dès lors, pour lui, les
jours vont s'écouler sans que rien ne change apparemment dans son existence.
Il s'étonne d'être un criminel qui n'a ni regret, ni crainte. L'idée
lui vient parfois de se dénoncer pour qu'il arrive enfin quelque chose :
que dirait-on si on savait ce qu'il a fait ? Mais il n'arrive rien. Sinon
que Malétras continue à se montrer dur et méchant, à
se savoir détesté. À son neveu Philippe qui lui demande la
somme nécessaire pour voler au secours d'un ami malade et désespéré,
il oppose d'abord uin refus inhumain. N'a-t-il pas eu, lui aussi, un fils décédé
dont les papiers intimes ont révélé qu'il craignait de ressembler
à son père ? et une fille avec laquelle l'ont brouillé
de mesquines questions d'intérêt ? L'humiliation qu'il ressent
devant l'éducation raffinée de sa seconde femme lui rappelle son
passé sans éclat, son ascension laborieuse, et le tourne de plus
en plus vers le souvenir d'une enfance rurale et pauvre, à Steenvoorde.
C'est cette odeur d'enfance qui l'attire, peu après la mort de Lulu, vers
les quartiers populaires du Havre où le caboulot de la vieille Maria lui
offre, un jour, l'évasion d'une passade sordide avec une gamine de seize
ans. Au retour de cette aventure, une crise d'angine de poitrine le saisit. Elle
sera bientôt surmontée. Du moins l'aura-t-elle fait passer de son
indifférence agressive à une molle docilité qui le ramène,
sans conviction, vers l'Église qu'il avait délaissée depuis
son jeune âge."
Maurice Piron, dans "L´univers de simenon", décrit Jules
Malétras comme l'un des personnages les plus énigmatiques de Simenon.
Dernier titre publié chez Gallimard, "Le bilan malétras"
est un roman sans véritable intrigue dans lequel on suit le destin d'un
homme, qu'un meurtre n'arrive même pas à infléchir. Acheter
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La jument perdue. "Il y a longtemps
qu'Andy et John, deux amis d'enfance, ont quitté le Nord pour créer
un ranch à Tucson. Arizona. La découverte d'un filon est à
l'origine d'un drame: quelqu'un tenta d'assassiner John. Trente ans après,
il reste convaincu de la culpabilité d'Andy, devenu le riche homme de la
ville. Ironie du sort, Andy retrouve son ami, au moment où il perd sa fortune...
«Il doit en être ainsi au début des révolutions, quand
personne ne sait encore au juste ce qui va arriver ; il ne se passe rien de particulier
; le passant non prévenu ne voit rien d'anormal et pourtant subit cette
angoisse vague qui pèse sur la ville. Tout au plus, si l'on cherche des
indices précis, aperçoit-on dans certaines rues des gens qu'on n'a
pas l'habitude d'y rencontrer. Peut-être y a-t-il trop d'hommes inoccupés;
qui devraient être à l'atelier ou au bureau, d'autres qui s'affairent
à contretemps. Est-ce que les autos, dans les rues, circulent dans le même
sens que d'habitud?e ? C'est aussi subtil; aussi difficile à préciser
que, pour quelqu'un qui rentre chez soi, la sensation qu'on est venu en son absence
et qu'on a dérangé certains objets, voire un seul, sans qu'il puisse
déterminer lequel. Oui, c'est la même sorte d'inquiétude irritante
qu'on devine dans la démarche des passants, dans leur regard, chacun étant
sur le qui-vive, s'attendant à n'importe quoi, à une explosion formidable
ou simplement à un fracas de vitres brisées, à des fusillades
ou à des proclamations sur les murs et chacun finissant par souhaiter que
ce "n'importe quoi" se produise vite, pour en finir avec l'attente.»" Acheter
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Maigret
et son mort (M) "Un matin de février, un inconnu téléphone
à Maigret : suivi depuis la veille par des hommes qui se relaient,
il est convaincu qu'on en veut à sa vie et demande à être
protégé. Les appels se renouvellent sans que jamais l'inspecteur
Janvier, dépêché par Maigret, parvienne à rejoindre
dans la journée le petit homme au chapeau gris. Les appels ont cessé
quand, au milieu de la nuit, le corps d'un homme déposé place de
la Concorde est découvert tué d'un coup de couteau, le visage défiguré.
Maigret se rend sur les lieux et ne quitte plus le mort, son mort, qu'il accompagnera
jusqu'à l'Institut médico-légal. Certains détails
font penser à Maigret que ce mort anonyme travaillait "dans la limonade".
On apprend, d'autre part, qu'il a été transporté à
la Concorde dans une Citroën jaune, laquelle a été aperçue,
d'après un recoupement de témoin, en stationnement près du
"Petit Albert", un bistrot à l'anglme du quai de Charenton. Quand
Maigret s'y rend, il trouve les portes ouvertes et la maison vide. Il décide
alors d'y installer un de ses inspecteurs, Chevrier, et sa femme Irma, qui feront
office de tenanciers. Parmi les clients, un étranger à mine suspecte
ne tarde pas à se présenter. Le commissaire le fait suivre et provoque
ainsi une chasse à l'homme qui prendra fin lorsque l'individu est tué
d'une balle au moment où il rejoint des comparses qu'on saura peu après
être ses complices : ceux-ci, le voyant poursuivi par la police, ont
préféré l'abattre. Grâce à l'identité
de cet homme, un tchèque du nom de Poliensky, une raffle boucle tout son
quartier. Elle fait découvrir, dans un hôtel miteux où logent
des compatriotes de Poliensky, une jeune femme qui est sur le point d'accoucher
et que Maigret fait transporter à l'hopital. On remontera ainsi la filière
conduisant aux "tueurs de Picardie", une bande de tchèques qui
s'attaquent à des fermes dont ils massacrent les habitants après
les avoir dépouillés. Or, leur chef jouait aux courses. C'est aussi
le cas du petit Albert Rochain, la victime, ainsi que le révèlera
une enquête aux détours imprévus qui amènera la mise
hors d'état de nuire du gang et l'explication du meurtre de Rochain :
un ticket de chemin de fer à destination de Goderville tombé de
la poche du chef de la bande, Jean Bronsky, sur le champ de course de Voncennes
et ramassé par le petit Albert sous les yeux du tchèque (Goderville
évoque l'une des plus récente et plus sinistre hécatombes
des tueurs)... Ne fallait-il pas supprimer le gêneur dont le visage venait
de trahir l'émotion ?"
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Les vacances de Maigret (M) "La rue
était étroite, comme toutes les rues du vieux quartier des Sables
d'Olonne, avec des pavés inégaux, des trottoirs dont il fallait
descendre chaque fois qu'o croisait un passant. La porte du coin était
une magnifique porte à deux battants, d'un vert profond, sompteux, aux
reflets parfaits, aux deux marteaux de cuivre bien astiqués, comme? on
n'en voit que chez les avoués de province ou dans les couvents.
Les vacances de Maigret sont rares et ne durent guère. À peine arrivé
aux Sables d'Olonne avec sa femme, on le presse d'enquêter sur le décès
suspect d'une jeune accidentée de la route tombée de la voiture
de son beau-frère le docteur Bellamy, bientôt suivi de l'assassinat
d'une gamine de quatorze ans et de la disparition de son frère aîné.
Et Maigret d'oublier ses vacances. Entre deux visites à l'hôpital,
il va percer à jour une de ces passions morbides qui peuvent naître
au sein d'une vie en apparence calme et équilibrée." Acheter
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La
neige était sale : Un des meilleurs romans criminels où n'apparaît
pas Maigret. Ce roman qui se passe sous l'occupation ne dit pas de quelle occupation
il s'agit, ni de quel pays."
«Un des plus puissants et des plus douloureux romans de Simenon, une de
ses plus lucides études psychologiques». (Doringe, Prière
d´insérer, 1948)
«On aimerait que Simenon n´ait publié ces derniers temps que
la neige était sale. Tout le monde, alors, prendrait ce livre pour ce qu´il
est : un des plus beaux romans que l´abandon moral de la jeunesse ait
inspiré (...) ». (Jean Blanzat, le Figaro littéraire, 1948)
«Parce qu'il est intelligent, par certains côtés, il me fait
penser à Edgard Poe.» (Dashiel Hammet, Los Angeles times, 7 janvier
1950)
« Rarement Simenon aura écrit quelque chose d'aussi sordide et
d'aussi noir. » (Pierre Assouline, sans mention d´origine)
Ce roman a paru, la même année, en édition pré-originale
dans la Presse, sous le titre "Monsieur Holst".
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Pedigree "Condamné à tort par
son médecin, le Simenon quadragénaire évoque son enfance,
en brodant à peine. C'est Liège au début du siècle,
un quartier, un univers petit bourgeois, une mère tendue jusqu'à
l'hystérie, un père serein jusqu'à l'apathie, les humiliations
de l'argent difficile et l'ennui des collèges, l'éveil précoce
d'une sensualité inouïe. Liège libérée et ses
infamies..." «Il ne se retourne pas, ne s'arrête pas
aux étalages. Il marche, en fumant sa cigarette, le regard droit devant
lui, il marche comme si une musique l'accompagnait. Son itinéraire ne varie
pas. Il arrive toujours à la même heure; à une minute près,
devant les horloges pneumatiques et au même endroit, exactement, il allume
sa seconde cigarette.» «L'ambiance du cinéma, l'obscurité
traversée d'un pinceau de lumière blanche, les images qui sautent
sur la toile, les ritournelles du piano, la foule invisible et chaude qu'on sent
autour de soi lui donnent toujours une sorte de fièvre. Tous ses désirs,
ses orgueils s'exacerbent, se multiplient par dix ou par cent, il voudrait tout
vivre à la fois, et cet appétit immense se concrétise finalement
par des regards furtifs et anxieux vers les loges. Il sait ce qui s'y passe, des
camarades du collège le lui ont raconté ; il suffit d'ailleurs de
les contourner comme en cherchant une place pour entrevoir des couples curieusement
contorsionnés, deviner des jupes haut troussées, des mains qui s'égarent.
Il jurerait qu'il se dégage de ces loges aux étreintes furtives
une odeur spéciale qui lui rappelle celle du Carré à certaines
heures du soir.» "Roman autobiographique plus que récit
personnel, Pedigree met en scène l'enfance de Roger Mamelin autour duquel
se déploie un univers familial vivant et mouvementé. Le 13 février
1903 naît à Liège Roger Mamelin, fils de Désiré,
employé d'assurances, et d'Élise Peeters, sans profession. Autour
de l'enfant, des oncles et des tantes, des cousins, puis plus tard les pensionnaires
auxquels sa mère loue des chambres : tout un monde de personnages
avec ses bonheurs et ses malheurs, ses petitesses, ses folies, comme celle de
l'oncle Léopold, protecteur de l'anarchiste Marette, coupable d'un attentat...
Puis viennent la guerre, les premiers émois sexuels, la révolte
aussi, lorsque le jeune garçon prend conscience de sa pauvreté,
en même temps que de la médiocrité du monde qui l'environne.
Pris entre l'enfance et la vie adulte, entre bonheur et malheur, le jeune garçon
affronte les épreuves d'une vie qui se veut difficile et exigeante. Il
s'arrêtera in extremis sur le chemin de la délinquance et du vice,
bien tentant pour un adolescent déboussolé, résolu à
se construire, ailleurs, une autre existence."
Inoubliable tableau d'un Liège de brouillard et de neige, Pedigree
est assurément une des uvres les plus fortes de Georges Simenon,
où l'écrivain a livré, à travers un inventaire sans
concession de son enfance, les clefs essentielles de son univers romanesque. Pedigree
est un livre exceptionnel : il a été écrit dans la crainte de la mort par
un homme qui a voulu tout dire de ses origines familiales, wallonne ou flamande,
décrivant la qualité lumineuse de l'air qui franchissait la Meuse et venait embuer
les vitres de son enfance, répercutant les pas calculés d'Elise, sa mère,
sur le parquet de leur cuisine froide, rappelant le repas frugal que prenait son
père dans les bureaux de la compagnie d'assurances qu'il ne quittera jamais.
Roman-fleuve, roman-fresque, qui fait remonter à la surface tous les interdits
de l'enfance. Pedigree nous rappelle qu'il n'y a pas si longtemps les familles
étaient au centre de nos vies. Un texte-témoin, une fresque où sont
condensées les composantes sensibles qui sont à l'origine des différents
climats et de la fameuse atmosphère des récits de Simenon..
Après la publication de cet ouvrage, Simenon fut poursuivi par un de ses
anciens condisciples et par le docteur Marcel Chaumont, oculiste à Verviers,
qui se sont reconnus parmi les personnages de Pedigree. Ce dernier a été
l'un des étudiants locataires d'Élise Peters (dans la réalité :
Henriette Brüll, la mère de Simenon). Au terme du procès de
Verviers, le 16 juin 1952, Simenon fut condamné à 6000 francs belges
de dommages et intérêts. C´est la raison pour laquelle l´édition
de 1952 comportera des passages en blanc. L´édition de 1958 sera
augmentée d´une préface de l´auteur et remaniée.
Le plaignant, fils de négociants en draps pour ecclésiastiques dans
l'édition originale, réapparaîtra sous l'avatar de M. Bernard,
fils d'épiciers à Verviers. Dans Pedigree, œuvre matricielle
de Simenon, sont condensées les composantes sensibles qui sont à
l'origine de la fameuse atmosphère de l'auteur. Pedigree est-il un roman
autobiographique ou une autobiographie romancée ? On prête à
Simenon ce propos : «Dans je me souviens... tout est vrai et tout est exact ; dans Pedigree, tout est vrai, mais rien n'est
exact.» Acheter
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Dernière mise à jour de cette page le 20/03/2006.
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