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1952 :  retour
 Maigret, Lognon et les gangsters (M) "Surnommé l'inspecteur Malgracieux à cause de son humeur et de son aspect sinistre, Lognon se croit sans cesse persécuté : il est convaincu qu'une vaste conspiration nuit à son avancement. En fait, il est foncièrement honnête, mais malchanceux. C'est surtout son caractère qu'il l'empêche d'accéder à des fonctions supérieures. Or, voici que se présente l'affaire de sa vie : il est en mission quand, une nuit, il voit un corps jeté d'une voiture sur la chaussée, en plein Paris. aussitôt arrive une autre voiture, dont le conducteur enlève le corps. Lognon décide d'agir seul, sans en référer à ses chefs, mais bientôt sa femme, malade, reçoit la visite d'inquiétants personnagesparlant anglais et qui déclarent rechercher la victime. Effrayé, Lognon raconte tout à Maigret, lequel prend l'affaire en main, tout en permettant au Malgracieux de participer à l'enquête. Le jour même, Lognon est attaqué et se retrouve à l'hôpital, sérieusement blessé. Ayant découvert que les gangster sont américains, Maigret se met en rapport avec le F.B.I. qui ne lui transmet que parcimonieusement quelques renseignements : deux tueurs de chez eux sont en effet partis pour la France. Ils s'appellent Cinaglia et Cicero. Le corpsserait bien celui de Mascarelli, dit Sloppy Joe. Dans les milieux américains de Paris, on se tait. Il est conseillé à Maigret de laisser tomber cette affaire, car on n'est pas habitué en France à lutter contre de vastes organisations criminelles. De plus, les méthodes des gangsters américains sont très radicales : Maigret est-il armé pour y faire face ? Piqué au vif par ces réflexions offensantes, Maigret va montrer aux américains ce qu'est la police française : les deux tueurs sont rapidement retrouvés, maîtrisés et arrêtés. C'est à ce moment que se manifeste Harry Pills, assistant du District Attorney de Saint Louis. Dans cette ville, le roi du racket a assassiné un homme. Sloppy Joe, témoin du meurtre, craignant pour sa vie, a franchi l'océan pour échapper aux tueurs lancés à ses trousses. Cinaglia et Cicero l'ont repéré à Paris et ont tenté de l'assassiner : c'est son corps qu'ils ont jeté dans la rue sous les yeux de Lognon. Pills a été chargé de poursuivre les gangsters et de ramener le témoin vivant : c'est lui qui a recueilli et emmené Sloppy Joe qui n'était que blessé. Sans Lognon, ces événements auraient échappé à la police française méprisée par les américains. Mais Maigret leur a montré..."
 La mort de Belle "Ils étaient revenus tous les trois dans le living-room où, à cause de la mauvaise lumière du matin, on avait laissé les lampes allumées, et il n'y avait eu que le docteur à s'asseoir dans un fauteuil.
- Qu'est-ce qu'on lui a fait ?
Ce n'était pas la question qu'il avait l'intention de poser. Il avait voulu dire :
- De quoi est-elle morte ?
Plus exactement :
- Comment l'a-t'on tué ?
Il arrive qu'un homme, chez lui, aille et vienne, fasse les gestes familiers, les gestes de tous les jours, les traits détendus pour lui seul, et que, levant soudain les yeux, il s'aperçoive que les rideaux n'ont pas été tirés et que des gens l'observent du dehors. Il en fut un peu ainsi pour Spencer Ashby. Il eut sa solitude comme il l'aimait, bien épaisse, sans un bruit extérieur, avec même la neige qui s'était mise à tomber à gros flocons et qui matérialisait en quelque sorte le silence. L'existence de Spencer Ashby, paisible professeur dans une bourgade de la région new-yorkaise, s'écroule un beau matin lorsqu'on découvre chez lui le cadavre de Belle, la fille d'une amie de sa femme, leur invitée pour quelque temps. Il est le principal suspect... Cet homme naïf, timide, quelque peu complexé, va connaître l'humiliation des interrogatoires policiers, l'ostracisme de ses collègues et l'hostilité de la petite ville. Lorsqu'il apprend qu'aucune charge n'est retenue contre lui, il se croit tiré d'affaire. C'est à ce moment-là pourtant que sa vie va basculer dans la tragédie. Comment un individu peut être profondément traumatisé, au point de devenir le meurtrier qu'on l'a accusé d'être : c'est ce que nous relate, dans l'univers étroit et mesquin de la petite ville, le romancier de Lettre à mon juge et du Petit Homme d'Arkhangelsk."

"La mort de Belle" est un des romans les plus célèbres et les plus envoûtants de la période américaine de Simenon. C´est aussi un des treize romans dont l´action se déroule aux États-Unis. Cas rare, l´action du roman coïncide avec le lieu où il fut écrit : Lakeville (Connecticut). Une identification qui n´échappa pas aux habitants de la bourgade qui s´identifièrent aux personnages, mesquins, hypocrites, lâches... Acheter ce livre
 Le revolver de Maigret (M) "-  De quoi crois-tu qu'il s'agisse ? Il avait si peu l'air d'un voleur !
-  Ce n'en était pas un, parbleu ! Comment un voleur aurait-il pu deviner que, ce matin-là, précisément, il y avait un revolver sur la cheminée du salon de Maigret ?
-  Tu parais soucieux. L'arme était chargée ?
-  Non.
-  Alors ?
La question était stupide. Quelqu'un qui prend la peine de s'emparer d'un revolver a plus ou moins l'intention de s'en servir."
"Nerveux et inquiet, un jeune homme se rend chez Maigret : il veut absolument parler au commissaire. Celui-ci étant absent, le jeune homme attend son retour pendant quelques minutes, puis s'en va en emportant le revolver de Maigret. Le soir même, Maigret doit rencontrer François Lagrange chez son ami Pardon. Lagrange a, paraît-il, quelque chose à lui dire, mais ne vient pas au rendez-vous. Le lendemain, Maigret rend visite à Lagrange, qui se dit très malade. Il n'a rien à dire au commissaire, mais est très soucieux, car son fils Alain a disparu depuis la veille. Son comportement semble étrange à Maigret, qui commence une enquête. Il s'avère bientôt que c'est Alain qui s'est présenté la veille chez le commissaire. De plus, la veille encore, Lagrange a transporté une malle à la consigne de la gare du Nord. Maigret fait ouvrir la malle qui contient le corps du député Delteil. Lagrange est arrêté, mais on ne peut le faire parler : il est devenu fou ou il feint la folie. Maigret retrouve la piste d'Alain : il vient de s'envoller pour l'Angleterre où il compte rejoindre Jeanne Debul, ancienne maîtresse de son père, partie récemment à Londres quand elle a appris l'affaire Delteil. À son tour, Maigret arrive à Londres où il rencontre Jeanne Debul, très arrogante et feignant l'innocence la plus totale. Il rencontre enfin Alain qui s'apprêtait à assassiner Jeanne Debul. Le commissaire l'en dissuade et essaie de calmer le jeune homme à bout de nerfs. Alain racconte alors ce qu'il sait : Jeanne Debul vit de chantage, mais sans risque. Elle utilise Lagrange, qui l'aime toujours, pour réclamer de l'argent à certains personnages. Lagrange, qui a végété pendant toute son existence, a décidé de changer de vie et a réclamé des sommes supérieures à celles exigées par son ancienne maîtresse. Il gardait le surplus pour lui. Sans doute Delteil a-t-il refusé de payer, mais comment Lagrange, homme peureux, lâche et mou, en est-il arrivé à tuer ? On ne le saura jamais : les circonstances particulières du crime ne seront pas révélées, puisque Lagrange est fou ou simule la folie. Maigret, lui, va s'efforcer de prouver la culpabilité de Jeanne Debul, ce qui ne sera pas facile."
Les frères Rico  Les frères Rico "Les frères Rico sont trois : Eddie, l'aîné, Gino et Tony. Tous trois font partie d'une "organisation". Personne n'est au courant, sauf leur mère qui vit à Brooklyn, où ils sont nés. Eddie Rico, bon époux, bon père de famille, commerçant aisé qui habite une jolie villa au bord de la mer, cache sous ces apparences bourgeoises une activité moins honorable : elle consiste à "taxer", dans sa région, les jeux de hasard, machines à sous et autre tripots, moyennat quoi leurs propriétaires sont assurés de n'être pas inquiétés par la police. Rico ne connait que ses deux chefs immédiats, desquels il reçoit les consignes. Ceux qui transgressent les ordres ou qui s'insurgent contre "l'organisation" sont supprimés et Gino, le propre frère d'Eddie, est l'un des tueurs attitrés. Tony, le plus jeune, est conducteur de voiture, lors des expéditions. Or, on, est sans nouvelles de Tony depuis trois mois. La mère Rico a cependant appris qu'il s'était marié. Survient Gino qui informe Eddie que Tony a participé à la dernière affaire qui s'est terminée de façon meurtrière et dont s'occupe le District Attorney. Mieux vaudrait pour lui qu'il s'en aille au Mexique, en Amérique du Sud, n'importe où, sinon, il risque d'être questionné par la police, et cela doit être évité à n'importe quel prix. Convoqué à Miami, Eddie reçoit de ses deux chefs des précisions au sujet de Tony : il vient d'épouser Nora Malks, dont le frère a révélé à la police que sa sœur est la femme d'un gangster. Tony, en effet, a tout racconté à Nora et voudrait quiter "l'organisation". Il faut donc qu'Eddie retrouve son jeune frère pour lui conseiller de fuir. Eddie se méfie d'autant moins que les propos de ses deux chefs concordent avec ce que lui a dit Gino. Lorsque, après diverses péripéties, Eddie retrouvera Tony, ce dernier ne sera pas dupe : on s'est servi de son frère pour le repérer, car Eddie a été filé sans qu'il le sache. De retour à son hôtel, l'aîné des frères Rico est en présence d'un de ses "supérieurs" qu'il ne connaît pas, Mike, qui lui enjoint de téléphoner à Tony, pour lui signifier qu'on l'attend sur la route. Eddie a compris et doit s'exécuter. Non, jamais, on ne lui demandera rien de plus difficile. Tant travailler pour en arriver là..."
Ce roman méconnu de Simenon n'avait pas été réédité (sauf dans Tout Simenon). Le voici de nouveau disponible illustré par Loustal qui a parfaitement joué des oppositions entre les lieux, colorés comme des cartes postales de bord de mer, et les scènes de solitude, sombres et graves. Il rend palpable l'enfermement d'Eddie, qui n'a jamais su qu'obéir et fermer les yeux.. Le roman est une traque, où le non-dit envahit l'espace.  Acheter ce livre

1953 :  retour
 Maigret et l'homme du banc (M) "Louis Thouret est assassiné d'un coup de couteau dans une impasse donnant sur le boulevard Saint Martin. Chargé de l'enquête, Maigret rencontre à Juvisy l'épouse de la victime. Cette femme imposait à Thouret une vie monotone, réglée et sans joie. Elle lui en voulait de n'être que magasinier alors que ses sœurs, ayant épousé des fonctionnaires, menaient un train de vie plus élevé que le sien. Maigret apprend aussi que la firme qui employait Thouret n'existe plus depuis trois ans. Ce dernier continuait pourtant à faire semblant de se rendre à son travail chaque jour. La reconstitution de la vie de Thouret pendant ces trois ans va conditionner toute l'enquête. En fait Thouret n'avait pas osé avouer à son épouse qu'il était sans emploi. Cherchant un nouveau travail sans y parvenir, il a d'abord vécu grâce à des prêts d'ancien collègues comprehensifs, puis il a rencontré par hasard un cambrioleur à qui il a fourni des idées de vol qui lui étaient venues durant ses loisirs passés sur les bancs publics des Grands Boulevards. Les deux hommes ont ainsi commis plusieurs cambriolages faciles et Thouret, en possession d'importantes sommes d'argent, a mené à Paris une vie terne, mais qui lui permettait d'échapper à l'épouse ennuyeuse qu'il retrouvait pourtant chaque soir. Il louait une petite chambre, portait des vêtements que sa femme n'aurait pas admis, se promenait, entretenait même une liaison plus amicale qu'amoureuse avec une ancienne collègue. Ceci n'explique toutefois pas pourquoi il a été assassiné. Maigret apprend que la fille de Thouret et son jeune ami avaient découvert sa double vie et qu'ils lui extorquaient de l'argent. Cette piste n'aboutit pourtant pas, et la vérité ne sera connue que beaucoup plus tard grâce à une enquête fastidieuse portant sur l'arme du crime. Louis Thouret laissait trop en évidence dans sa chambre l'argent qu'il possédait. Sa logeuse l'a volé à son tour avac la complicité de son amant, lequel a tué Thouret".
 Antoine et Julie "Antoine et Julie se sont mariés aux alentours de la quarantaine. Leurs premières années de mariage n'ont pas été sans nuages : la mère de Julie n'aimait guère son gendre dont elle méprisait la profession et qu'elle accusait d'avoir épousé Julie pour son argent. La belle-mère morte, les époux vivaient heureux, n'était le penchant d'Antoine pour la boisson. De temps à autre, en effet, sa représentation finie, le prestidigitateur s'attarde, seul, dans de petits cafés, entraîné par un invincible besoin. Il rencontre parfois Dagobert, un raté qui lui emprunte de l'argent. Les retours, tardifs, d'Antoine sont très pénibles à Julie : ivre, il se pose des questions, se prétend malheureux et accable son épouse d'injustes reproches, qu'il regrette le lendemain. Une nuit, en rentrant, Antoine trouve le médecin de famille au chevet de sa femme : sujette à des crises d'angine de poitrine, Julie devra désormais éviter toute émotion, et surtout, elle doit toujours avoir avec elle certain médicament dont la privation pourrait lui être fatale en cas de crise. Néanmoins, le soir de Noël, Antoine abandonne son épouse au restaurant et va se saouler. Nouvelle alerte pour Julie. Un soir, Julie s'appreçoit qu'elle n'a plus de médicament, et elle charge son mari d'aller lui en chercher. Antoine se laisse aller à boire, néglige de rapporter le précieux remède, et, lorsqu'il rentre, Julie est morte. Dès cet instant, Antoine saura qu'il est devenu un homme, méprisé par ses voisins et fidèle au souvenir de la disparue, qui ne boirait jamais plus et qui ne poserait pas de question."
 Maigret a peur (M) "Revenant d'un congrès de la police qui s'est tenu à Bordeaux, Maigret s'arrête à Fontenay le Comte pour saluer son ami, le juge Chabot. Celui-ci lui apprend que deux meutres ont été commis dans la ville. L'une des victime est Robert de Corçon, un aristocrate exentrique, l'autre est la veuve Gibon, la sage-femme. Maigret est à peine arrivé qu'un vieil ivrogne, Gobillard, est assassiné à son tour. La corps a été découvert par Alain Vernoux de Courçon, neveu de Robert, qui justifie mal sa présence sur les lieux du crime et qui confie à Maigret et à Chabot que les assassinats doivent être l'œuvre d'un fou, puisque les victimes n'ont aucun lien entre elles. La population est terrorisée et l'opinion publique accuse les Vernoux de Courçon, notables de l'endroit. Le lendemain, l'instituteur Chalus, porte-parole de l'opinion publique excédée, apporte un témoignage accablant pour Alain. La découverte de l'arme, un morceau de tuyau de plomb provenant de chez Robert, constitue un second indice de la culpabilité probable d'Alain. Se fondant sur une lettre anonyme où il est question d'une certaine Louise Sabati, Maigret, qui agit à titre officieux, se rend chez elle, dans un quartier populaire. Cette jeune fille pauvre lui avoue qu'elle est la maîtresse d'Alain, que ce dernier est très jaloux et la bat souvent. Peu après, à l'insu de Maigret, la police emmène Louise en prison pour la faire parler. Elle est relâchée et Alain, affolé à la perspective du scandale, la persuade de se suicider en même temps que lui. Elle sera sauvée de justece mais Alain mourra. Ce suicide est pour la police une preuve de culpabilité. Néanmonis, le commissaire rend viste à Hubert Vernoux de Courçon, père d'Alain, dont l'attitude l'intrigue. Maigret en est là dans son enquête personnelle, lorsqu'il est appelé d'urgence à Paris. Il reçoit quelques jours plus tard une lettre de Chabot lui apprenant le dernier développement de l'affaire. Hubert, qui a tenté de se suicider, était bel et bien l'assassin. Ce vieillard alcoolique, nobliau désargenté, continuellement humilié par sa femme et son beau-frère, avait tué ce dernier et avait commis deux autres meurtres pour éloigner les soupçons. Hubert Vernoux de Courçon sera interné, son cas relevant de la psychatrie".
 L'escalier de fer "Étienne Lomel ressent depuis quelques temps de vives douleurs à l'estomac, sans qu'on puisse déterminer chez lui un mal organique. Il a peur, il est inquiet, et ce sentiment est lié à la personne de Louise, sa femme, qui le maintient sous sa coupe et dont il dépend pour tout, puisque, après leur mariage, il est en sorte devenu son employé. Louise a déjà été mariée. Étienne était son amant avant que son mari ne meure. Il se souvient de sa peur devant sa passion dévorante dont elle faisait preuve alors, et des serments qu'elle exigeait de lui : il ne l'abandonnerait jamais et, un jour, il l'épouserait. Peu de temps après, et Étienne surprend, à peine marié, une phrase de la concierge disant que Guillaume, lors de sa mort, était devenu si maigre qu'il ne pesait pas plus qu'un enfant de dix ans. À présent Étienne se ronge, se demandant si sa femme n'aurait pas supprimé Guillaume. Et il en vient à supposer qu'elle verse de l'arsenic dans sa nourriture. Ce que confirme l'analyse médicale. Il sait maintenant que Guillaume a été empoisonné - en fait, à cause de lui - et comprend que la passion qu'ils mettent dans leurs étreintes amoureuses n'est qu'un moyen détourné de faire taire le remords. C'est pourqoui aussi ils vivent renfermés en eux-mêmes et n'ont pour seuls amis que Leduc et sa femme, laquelle est dans la confidence. Avec mille ruses, Étienne s'arrange pour ne garder aucune nourriture par crainte qu'elle ne contienne de l'arsenic, et il épie sa femme. Il découvre ainsi qu'elle a un jeune amant, Roger Cornu. Décidé à garder son épouse et résolu à ne pas mourir, il projette de tuer son rival. Mais à la dernière minute, il recule et se suicide."
 Feux rouges "Steve et Nancy, le trentaine, mariés, deux enfants, une maison à Long Island et des navette quatidiennes vers New York. Il travaille dans une agence de voyage, elle est secrétaire de direction, dans une boîte de pub. Le malaise commence là : madame gagne mieux sa vie que monsieur, occupe un poste à responsabilité, ne compte pas ses heures. Hors le bureau aussi, elle régente tout. Steve est complexé et picole en douce. La marmite explose lors d'une transhumance automobile de fin de vacances. Dans l'inhumanité des chromes et des feux rouges qui se suivent, se croisent et parfois s'entrechoquent, Steve va vivre "sa nuit" : il plante sa femme, se cuite avec un gangster et philosophe jusqu'à l'aube. La gueule de bois sera terrible. Pour Nancy aussi, sauvagement agressée au bord de la route."  Acheter ce livre
 Maigret se trompe (M) "Un matin pluvieux de Novembre, Louise Filon est trouvée assassinée dans son appartement cossu de l'avenue Carnot. Où donc cette ancienne prostituée, connue dans le milieu du quartier de la Chapelle sous le nom de Lulu, trouvait-elle les ressources nécessaires pour vivre depuis deux ans dans un immeuble occupé par la haute bourgeoisie ? Son amant de cœur, le musicien de musette Pierre Eyraud, dit Pierrot, semble bien incapable de lui assurer cette existence. Le commissaire Maigret a bientôt raison du mutisme de la femme de chambre et de la concierge. Il découvre que Louise était entretenue par le professeur Gouin, chirurgien et sommité mondiale en médecine. Il a jadis sauvé la vie de Louise et habite dans le même immeuble. Nœud de l'affaire, Maigret apprend que Louise était enceinte et le savait depuis peu. Son enquête porte tout naturellement sur les deux amants de Louise. Eyraud ayant disparu le lendemain du drame, c'est lui qui est d'abord soupçonné, mais, retrouvé, il fait preuve d'une telle ingénuité, d'un tel sentimentalisme, que Maigret le croit innocent et lui rend sa liberté. Reste Gouin. L'éminent professeur, dont la personnalité écrase son entourage, pour qui ne compte que le travail, pour qui les femmes ne sont, prétend-on, qu'un divertissement sans importance, aurait-il pu se compliquer l'existence par un meurtre, lui qui ne vise dans la vie que la tranquilité nécessaire à sa profession ? Maigret est bien prêt de le croire en recueillant les témoignages de la femme du chirurgien, de sa belle-sœur, son assistante. Il hésite pourtant à interroger le médecin lui-même, en qui il voit, non seulement "un grand bonhomme" dans le domaine scientifique, mais aussi une personnalité au moins égale à la sienne : "ils étaient plutôt comme contraires, mais des contraires de valeur équivalente". L'entretien aura pourtant lieu. Gouin est bien tel que Maigret l'avait imaginé : supérieur, dominateur, mais naturel. C'est un homme lucide, qui ne se fait aucune illusion sur les êtres. Sa franchise, son souci de la vérité désarment presque le commissaire, auquel ,il souffle la solution de l'énigme qu'il a deviné : c'est Madame Gouin qui, par jalousie, a tué avec la complicité de sa sœur, son mari lui ayant dit qu'il était prêt à reconnaître l'enfant porté par Louise." Acheter ce livre

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Dernière mise à jour de cette page le 19/03/2006.
 
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