| Georges Simenon Bibliographie
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1952 : retour
Maigret,
Lognon et les gangsters (M) "Surnommé l'inspecteur Malgracieux
à cause de son humeur et de son aspect sinistre, Lognon se croit sans cesse
persécuté : il est convaincu qu'une vaste conspiration nuit
à son avancement. En fait, il est foncièrement honnête, mais
malchanceux. C'est surtout son caractère qu'il l'empêche d'accéder
à des fonctions supérieures. Or, voici que se présente l'affaire
de sa vie : il est en mission quand, une nuit, il voit un corps jeté
d'une voiture sur la chaussée, en plein Paris. aussitôt arrive une
autre voiture, dont le conducteur enlève le corps. Lognon décide
d'agir seul, sans en référer à ses chefs, mais bientôt
sa femme, malade, reçoit la visite d'inquiétants personnagesparlant
anglais et qui déclarent rechercher la victime. Effrayé, Lognon
raconte tout à Maigret, lequel prend l'affaire en main, tout en permettant
au Malgracieux de participer à l'enquête. Le jour même, Lognon
est attaqué et se retrouve à l'hôpital, sérieusement
blessé. Ayant découvert que les gangster sont américains,
Maigret se met en rapport avec le F.B.I. qui ne lui transmet que parcimonieusement
quelques renseignements : deux tueurs de chez eux sont en effet partis pour
la France. Ils s'appellent Cinaglia et Cicero. Le corpsserait bien celui de Mascarelli,
dit Sloppy Joe. Dans les milieux américains de Paris, on se tait. Il est
conseillé à Maigret de laisser tomber cette affaire, car on n'est
pas habitué en France à lutter contre de vastes organisations criminelles.
De plus, les méthodes des gangsters américains sont très
radicales : Maigret est-il armé pour y faire face ? Piqué
au vif par ces réflexions offensantes, Maigret va montrer aux américains
ce qu'est la police française : les deux tueurs sont rapidement retrouvés,
maîtrisés et arrêtés. C'est à ce moment que se
manifeste Harry Pills, assistant du District Attorney de Saint Louis. Dans cette
ville, le roi du racket a assassiné un homme. Sloppy Joe, témoin
du meurtre, craignant pour sa vie, a franchi l'océan pour échapper
aux tueurs lancés à ses trousses. Cinaglia et Cicero l'ont repéré
à Paris et ont tenté de l'assassiner : c'est son corps qu'ils
ont jeté dans la rue sous les yeux de Lognon. Pills a été
chargé de poursuivre les gangsters et de ramener le témoin vivant :
c'est lui qui a recueilli et emmené Sloppy Joe qui n'était que blessé.
Sans Lognon, ces événements auraient échappé à
la police française méprisée par les américains. Mais
Maigret leur a montré..."
La
mort de Belle "Ils étaient revenus tous les trois dans le living-room
où, à cause de la mauvaise lumière du matin, on avait laissé
les lampes allumées, et il n'y avait eu que le docteur à s'asseoir
dans un fauteuil.
- Qu'est-ce qu'on lui a fait ?
Ce n'était pas la question qu'il avait l'intention de poser. Il avait voulu
dire :
- De quoi est-elle morte ?
Plus exactement :
- Comment l'a-t'on tué ?
Il arrive qu'un homme, chez lui, aille et vienne, fasse les gestes familiers,
les gestes de tous les jours, les traits détendus pour lui seul, et que,
levant soudain les yeux, il s'aperçoive que les rideaux n'ont pas été
tirés et que des gens l'observent du dehors. Il en fut un peu ainsi pour
Spencer Ashby. Il eut sa solitude comme il l'aimait, bien épaisse, sans
un bruit extérieur, avec même la neige qui s'était mise à
tomber à gros flocons et qui matérialisait en quelque sorte le silence.
L'existence de Spencer Ashby, paisible professeur dans une bourgade de la région
new-yorkaise, s'écroule un beau matin lorsqu'on découvre chez lui
le cadavre de Belle, la fille d'une amie de sa femme, leur invitée pour
quelque temps. Il est le principal suspect... Cet homme naïf, timide, quelque
peu complexé, va connaître l'humiliation des interrogatoires policiers,
l'ostracisme de ses collègues et l'hostilité de la petite ville.
Lorsqu'il apprend qu'aucune charge n'est retenue contre lui, il se croit tiré
d'affaire. C'est à ce moment-là pourtant que sa vie va basculer
dans la tragédie. Comment un individu peut être profondément
traumatisé, au point de devenir le meurtrier qu'on l'a accusé d'être :
c'est ce que nous relate, dans l'univers étroit et mesquin de la petite
ville, le romancier de Lettre à mon juge et du Petit Homme d'Arkhangelsk."
"La mort de Belle" est un des romans les plus célèbres
et les plus envoûtants de la période américaine de Simenon.
C´est aussi un des treize romans dont l´action se déroule aux
États-Unis. Cas rare, l´action du roman coïncide avec le lieu
où il fut écrit : Lakeville (Connecticut). Une identification qui
n´échappa pas aux habitants de la bourgade qui s´identifièrent
aux personnages, mesquins, hypocrites, lâches... Acheter
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Le
revolver de Maigret (M) "- De quoi crois-tu qu'il s'agisse ?
Il avait si peu l'air d'un voleur !
- Ce n'en était pas un, parbleu ! Comment un voleur aurait-il
pu deviner que, ce matin-là, précisément, il y avait un revolver
sur la cheminée du salon de Maigret ?
- Tu parais soucieux. L'arme était chargée ?
- Non.
- Alors ?
La question était stupide. Quelqu'un qui prend la peine de s'emparer d'un
revolver a plus ou moins l'intention de s'en servir."
"Nerveux et inquiet, un jeune homme se rend chez Maigret : il veut absolument
parler au commissaire. Celui-ci étant absent, le jeune homme attend son
retour pendant quelques minutes, puis s'en va en emportant le revolver de Maigret.
Le soir même, Maigret doit rencontrer François Lagrange chez son
ami Pardon. Lagrange a, paraît-il, quelque chose à lui dire, mais
ne vient pas au rendez-vous. Le lendemain, Maigret rend visite à Lagrange,
qui se dit très malade. Il n'a rien à dire au commissaire, mais
est très soucieux, car son fils Alain a disparu depuis la veille. Son comportement
semble étrange à Maigret, qui commence une enquête. Il s'avère
bientôt que c'est Alain qui s'est présenté la veille chez
le commissaire. De plus, la veille encore, Lagrange a transporté une malle
à la consigne de la gare du Nord. Maigret fait ouvrir la malle qui contient
le corps du député Delteil. Lagrange est arrêté, mais
on ne peut le faire parler : il est devenu fou ou il feint la folie. Maigret
retrouve la piste d'Alain : il vient de s'envoller pour l'Angleterre où
il compte rejoindre Jeanne Debul, ancienne maîtresse de son père,
partie récemment à Londres quand elle a appris l'affaire Delteil.
À son tour, Maigret arrive à Londres où il rencontre Jeanne
Debul, très arrogante et feignant l'innocence la plus totale. Il rencontre
enfin Alain qui s'apprêtait à assassiner Jeanne Debul. Le commissaire
l'en dissuade et essaie de calmer le jeune homme à bout de nerfs. Alain
racconte alors ce qu'il sait : Jeanne Debul vit de chantage, mais sans risque.
Elle utilise Lagrange, qui l'aime toujours, pour réclamer de l'argent à
certains personnages. Lagrange, qui a végété pendant toute
son existence, a décidé de changer de vie et a réclamé
des sommes supérieures à celles exigées par son ancienne
maîtresse. Il gardait le surplus pour lui. Sans doute Delteil a-t-il refusé
de payer, mais comment Lagrange, homme peureux, lâche et mou, en est-il
arrivé à tuer ? On ne le saura jamais : les circonstances
particulières du crime ne seront pas révélées, puisque
Lagrange est fou ou simule la folie. Maigret, lui, va s'efforcer de prouver la
culpabilité de Jeanne Debul, ce qui ne sera pas facile."
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Les frères Rico "Les frères
Rico sont trois : Eddie, l'aîné, Gino et Tony. Tous trois font
partie d'une "organisation". Personne n'est au courant, sauf leur mère
qui vit à Brooklyn, où ils sont nés. Eddie Rico, bon époux,
bon père de famille, commerçant aisé qui habite une jolie
villa au bord de la mer, cache sous ces apparences bourgeoises une activité
moins honorable : elle consiste à "taxer", dans sa région,
les jeux de hasard, machines à sous et autre tripots, moyennat quoi leurs
propriétaires sont assurés de n'être pas inquiétés
par la police. Rico ne connait que ses deux chefs immédiats, desquels il
reçoit les consignes. Ceux qui transgressent les ordres ou qui s'insurgent
contre "l'organisation" sont supprimés et Gino, le propre frère
d'Eddie, est l'un des tueurs attitrés. Tony, le plus jeune, est conducteur
de voiture, lors des expéditions. Or, on, est sans nouvelles de Tony depuis
trois mois. La mère Rico a cependant appris qu'il s'était marié.
Survient Gino qui informe Eddie que Tony a participé à la dernière
affaire qui s'est terminée de façon meurtrière et dont s'occupe
le District Attorney. Mieux vaudrait pour lui qu'il s'en aille au Mexique, en
Amérique du Sud, n'importe où, sinon, il risque d'être questionné
par la police, et cela doit être évité à n'importe
quel prix. Convoqué à Miami, Eddie reçoit de ses deux chefs
des précisions au sujet de Tony : il vient d'épouser Nora Malks,
dont le frère a révélé à la police que sa sœur
est la femme d'un gangster. Tony, en effet, a tout racconté à Nora
et voudrait quiter "l'organisation". Il faut donc qu'Eddie retrouve
son jeune frère pour lui conseiller de fuir. Eddie se méfie d'autant
moins que les propos de ses deux chefs concordent avec ce que lui a dit Gino.
Lorsque, après diverses péripéties, Eddie retrouvera Tony,
ce dernier ne sera pas dupe : on s'est servi de son frère pour le
repérer, car Eddie a été filé sans qu'il le sache.
De retour à son hôtel, l'aîné des frères Rico
est en présence d'un de ses "supérieurs" qu'il ne connaît
pas, Mike, qui lui enjoint de téléphoner à Tony, pour lui
signifier qu'on l'attend sur la route. Eddie a compris et doit s'exécuter.
Non, jamais, on ne lui demandera rien de plus difficile. Tant travailler pour
en arriver là..."
Ce roman méconnu de Simenon n'avait pas été réédité
(sauf dans Tout Simenon). Le voici de nouveau disponible illustré par Loustal
qui a parfaitement joué des oppositions entre les lieux, colorés
comme des cartes postales de bord de mer, et les scènes de solitude, sombres
et graves. Il rend palpable l'enfermement d'Eddie, qui n'a jamais su qu'obéir
et fermer les yeux.. Le roman est une traque, où le non-dit envahit l'espace.
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1953 : retour
Maigret
et l'homme du banc (M) "Louis Thouret est assassiné d'un coup de
couteau dans une impasse donnant sur le boulevard Saint Martin. Chargé
de l'enquête, Maigret rencontre à Juvisy l'épouse de la victime.
Cette femme imposait à Thouret une vie monotone, réglée et
sans joie. Elle lui en voulait de n'être que magasinier alors que ses sœurs,
ayant épousé des fonctionnaires, menaient un train de vie plus élevé
que le sien. Maigret apprend aussi que la firme qui employait Thouret n'existe
plus depuis trois ans. Ce dernier continuait pourtant à faire semblant
de se rendre à son travail chaque jour. La reconstitution de la vie de
Thouret pendant ces trois ans va conditionner toute l'enquête. En fait Thouret
n'avait pas osé avouer à son épouse qu'il était sans
emploi. Cherchant un nouveau travail sans y parvenir, il a d'abord vécu
grâce à des prêts d'ancien collègues comprehensifs,
puis il a rencontré par hasard un cambrioleur à qui il a fourni
des idées de vol qui lui étaient venues durant ses loisirs passés
sur les bancs publics des Grands Boulevards. Les deux hommes ont ainsi commis
plusieurs cambriolages faciles et Thouret, en possession d'importantes sommes
d'argent, a mené à Paris une vie terne, mais qui lui permettait
d'échapper à l'épouse ennuyeuse qu'il retrouvait pourtant
chaque soir. Il louait une petite chambre, portait des vêtements que sa
femme n'aurait pas admis, se promenait, entretenait même une liaison plus
amicale qu'amoureuse avec une ancienne collègue. Ceci n'explique toutefois
pas pourquoi il a été assassiné. Maigret apprend que la fille
de Thouret et son jeune ami avaient découvert sa double vie et qu'ils lui
extorquaient de l'argent. Cette piste n'aboutit pourtant pas, et la vérité
ne sera connue que beaucoup plus tard grâce à une enquête fastidieuse
portant sur l'arme du crime. Louis Thouret laissait trop en évidence dans
sa chambre l'argent qu'il possédait. Sa logeuse l'a volé à
son tour avac la complicité de son amant, lequel a tué Thouret".
Antoine
et Julie "Antoine et Julie se sont mariés aux alentours de la quarantaine.
Leurs premières années de mariage n'ont pas été sans
nuages : la mère de Julie n'aimait guère son gendre dont elle
méprisait la profession et qu'elle accusait d'avoir épousé
Julie pour son argent. La belle-mère morte, les époux vivaient heureux,
n'était le penchant d'Antoine pour la boisson. De temps à autre,
en effet, sa représentation finie, le prestidigitateur s'attarde, seul,
dans de petits cafés, entraîné par un invincible besoin. Il
rencontre parfois Dagobert, un raté qui lui emprunte de l'argent. Les retours,
tardifs, d'Antoine sont très pénibles à Julie : ivre,
il se pose des questions, se prétend malheureux et accable son épouse
d'injustes reproches, qu'il regrette le lendemain. Une nuit, en rentrant, Antoine
trouve le médecin de famille au chevet de sa femme : sujette à
des crises d'angine de poitrine, Julie devra désormais éviter toute
émotion, et surtout, elle doit toujours avoir avec elle certain médicament
dont la privation pourrait lui être fatale en cas de crise. Néanmoins,
le soir de Noël, Antoine abandonne son épouse au restaurant et va
se saouler. Nouvelle alerte pour Julie. Un soir, Julie s'appreçoit qu'elle
n'a plus de médicament, et elle charge son mari d'aller lui en chercher.
Antoine se laisse aller à boire, néglige de rapporter le précieux
remède, et, lorsqu'il rentre, Julie est morte. Dès cet instant,
Antoine saura qu'il est devenu un homme, méprisé par ses voisins
et fidèle au souvenir de la disparue, qui ne boirait jamais plus et qui
ne poserait pas de question."
Maigret
a peur (M) "Revenant d'un congrès de la police qui s'est tenu à
Bordeaux, Maigret s'arrête à Fontenay le Comte pour saluer son ami,
le juge Chabot. Celui-ci lui apprend que deux meutres ont été commis
dans la ville. L'une des victime est Robert de Corçon, un aristocrate exentrique,
l'autre est la veuve Gibon, la sage-femme. Maigret est à peine arrivé
qu'un vieil ivrogne, Gobillard, est assassiné à son tour. La corps
a été découvert par Alain Vernoux de Courçon, neveu
de Robert, qui justifie mal sa présence sur les lieux du crime et qui confie
à Maigret et à Chabot que les assassinats doivent être l'œuvre
d'un fou, puisque les victimes n'ont aucun lien entre elles. La population est
terrorisée et l'opinion publique accuse les Vernoux de Courçon,
notables de l'endroit. Le lendemain, l'instituteur Chalus, porte-parole de l'opinion
publique excédée, apporte un témoignage accablant pour Alain.
La découverte de l'arme, un morceau de tuyau de plomb provenant de chez
Robert, constitue un second indice de la culpabilité probable d'Alain.
Se fondant sur une lettre anonyme où il est question d'une certaine Louise
Sabati, Maigret, qui agit à titre officieux, se rend chez elle, dans un
quartier populaire. Cette jeune fille pauvre lui avoue qu'elle est la maîtresse
d'Alain, que ce dernier est très jaloux et la bat souvent. Peu après,
à l'insu de Maigret, la police emmène Louise en prison pour la faire
parler. Elle est relâchée et Alain, affolé à la perspective
du scandale, la persuade de se suicider en même temps que lui. Elle sera
sauvée de justece mais Alain mourra. Ce suicide est pour la police une
preuve de culpabilité. Néanmonis, le commissaire rend viste à
Hubert Vernoux de Courçon, père d'Alain, dont l'attitude l'intrigue.
Maigret en est là dans son enquête personnelle, lorsqu'il est appelé
d'urgence à Paris. Il reçoit quelques jours plus tard une lettre
de Chabot lui apprenant le dernier développement de l'affaire. Hubert,
qui a tenté de se suicider, était bel et bien l'assassin. Ce vieillard
alcoolique, nobliau désargenté, continuellement humilié par
sa femme et son beau-frère, avait tué ce dernier et avait commis
deux autres meurtres pour éloigner les soupçons. Hubert Vernoux
de Courçon sera interné, son cas relevant de la psychatrie".
L'escalier
de fer "Étienne Lomel ressent depuis quelques temps de vives douleurs
à l'estomac, sans qu'on puisse déterminer chez lui un mal organique.
Il a peur, il est inquiet, et ce sentiment est lié à la personne
de Louise, sa femme, qui le maintient sous sa coupe et dont il dépend pour
tout, puisque, après leur mariage, il est en sorte devenu son employé.
Louise a déjà été mariée. Étienne était
son amant avant que son mari ne meure. Il se souvient de sa peur devant sa passion
dévorante dont elle faisait preuve alors, et des serments qu'elle exigeait
de lui : il ne l'abandonnerait jamais et, un jour, il l'épouserait.
Peu de temps après, et Étienne surprend, à peine marié,
une phrase de la concierge disant que Guillaume, lors de sa mort, était
devenu si maigre qu'il ne pesait pas plus qu'un enfant de dix ans. À présent
Étienne se ronge, se demandant si sa femme n'aurait pas supprimé
Guillaume. Et il en vient à supposer qu'elle verse de l'arsenic dans sa
nourriture. Ce que confirme l'analyse médicale. Il sait maintenant que
Guillaume a été empoisonné - en fait, à cause
de lui - et comprend que la passion qu'ils mettent dans leurs étreintes
amoureuses n'est qu'un moyen détourné de faire taire le remords.
C'est pourqoui aussi ils vivent renfermés en eux-mêmes et n'ont pour
seuls amis que Leduc et sa femme, laquelle est dans la confidence. Avec mille
ruses, Étienne s'arrange pour ne garder aucune nourriture par crainte qu'elle
ne contienne de l'arsenic, et il épie sa femme. Il découvre ainsi
qu'elle a un jeune amant, Roger Cornu. Décidé à garder son
épouse et résolu à ne pas mourir, il projette de tuer son
rival. Mais à la dernière minute, il recule et se suicide."
Feux
rouges "Steve et Nancy, le trentaine, mariés, deux enfants, une
maison à Long Island et des navette quatidiennes vers New York. Il travaille
dans une agence de voyage, elle est secrétaire de direction, dans une boîte
de pub. Le malaise commence là : madame gagne mieux sa vie que monsieur,
occupe un poste à responsabilité, ne compte pas ses heures. Hors
le bureau aussi, elle régente tout. Steve est complexé et picole
en douce. La marmite explose lors d'une transhumance automobile de fin de vacances.
Dans l'inhumanité des chromes et des feux rouges qui se suivent, se croisent
et parfois s'entrechoquent, Steve va vivre "sa nuit" : il plante
sa femme, se cuite avec un gangster et philosophe jusqu'à l'aube. La gueule
de bois sera terrible. Pour Nancy aussi, sauvagement agressée au bord de
la route."
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Maigret
se trompe (M) "Un matin pluvieux de Novembre, Louise Filon est trouvée
assassinée dans son appartement cossu de l'avenue Carnot. Où donc
cette ancienne prostituée, connue dans le milieu du quartier de la Chapelle
sous le nom de Lulu, trouvait-elle les ressources nécessaires pour vivre
depuis deux ans dans un immeuble occupé par la haute bourgeoisie ?
Son amant de cœur, le musicien de musette Pierre Eyraud, dit Pierrot, semble
bien incapable de lui assurer cette existence. Le commissaire Maigret a bientôt
raison du mutisme de la femme de chambre et de la concierge. Il découvre
que Louise était entretenue par le professeur Gouin, chirurgien et sommité
mondiale en médecine. Il a jadis sauvé la vie de Louise et habite
dans le même immeuble. Nœud de l'affaire, Maigret apprend que Louise
était enceinte et le savait depuis peu. Son enquête porte tout naturellement
sur les deux amants de Louise. Eyraud ayant disparu le lendemain du drame, c'est
lui qui est d'abord soupçonné, mais, retrouvé, il fait preuve
d'une telle ingénuité, d'un tel sentimentalisme, que Maigret le
croit innocent et lui rend sa liberté. Reste Gouin. L'éminent professeur,
dont la personnalité écrase son entourage, pour qui ne compte que
le travail, pour qui les femmes ne sont, prétend-on, qu'un divertissement
sans importance, aurait-il pu se compliquer l'existence par un meurtre, lui qui
ne vise dans la vie que la tranquilité nécessaire à sa profession ?
Maigret est bien prêt de le croire en recueillant les témoignages
de la femme du chirurgien, de sa belle-sœur, son assistante. Il hésite
pourtant à interroger le médecin lui-même, en qui il voit,
non seulement "un grand bonhomme" dans le domaine scientifique, mais
aussi une personnalité au moins égale à la sienne :
"ils étaient plutôt comme contraires, mais des contraires de
valeur équivalente". L'entretien aura pourtant lieu. Gouin est bien
tel que Maigret l'avait imaginé : supérieur, dominateur, mais
naturel. C'est un homme lucide, qui ne se fait aucune illusion sur les êtres.
Sa franchise, son souci de la vérité désarment presque le
commissaire, auquel ,il souffle la solution de l'énigme qu'il a deviné :
c'est Madame Gouin qui, par jalousie, a tué avec la complicité de
sa sœur, son mari lui ayant dit qu'il était prêt à reconnaître
l'enfant porté par Louise." Acheter
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Dernière mise à jour de cette page le 19/03/2006.
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