| Georges Simenon Bibliographie
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1972 : retour
Les
innocents "Depuis seize ans, Georges Célerin est associé
à son ami Brassier dans une affaire de bijouterie, rue de Sévigné :
le premier dessine les bijoux et dirige l'atelier, le second s'occupe des commandes
et de la vente. Célerin vit en parfaite harmonie avec sa femme Annette,
leurs deux enfants et ses collaborateurs. Un accident stupide va changer la destinée
de cet homme heureux. Annette, qui travaille comme assistante sociale dans le
quartier de la Bastille, se fait écraser par un camion en traversant la
rue Washington, dans un quartier où, apparemment, elle n'avait rien à
faire. Après ce coup terrible, Célerin n'est plus le même
homme. Malgré l'affection qu'il vouait à sa femme, il se reproche
de ne pas l'avoir assez entourée d'attentions. Détaché de
tout, il n'aspire plus qu'à se rapprocher de la morte, en reconstituant
par le souvenir de ce qui avait été sa vie et la sienne depuis le
début de leur mariage. Les Brassier, d'une condition plus élevée,
leur avaient donné accès à une existence confortable. Ils
avaient alors engagé une bonne d'origine russe, Nathalie, ce qui avait
permis à Annette, après la naissance des enfants, de poursuivre
l'activité sociale qu'elle prenait fort à cœur. C'est Nathalie
qui tenait le ménage, tout comme c'est elle qui, Annette disparue, veille
maintenant à tout, tandis que, pour le père désemparé,
la vie du foyer s'est refermée autour des deux adolescents. Un projet est
en cours pour étendre, grâce à un commanditaire, l'association
de Brassier et Célerin, lorsque ce dernier fait une découverte boulversante.
Sur les traces de la morte, il cherche à savoir ce qu'a été
l'accident de la rue Washington. Son enquête lui apprend qu'Annette sortait
d'un immeuble où un appartement, loué au nom de Jean Paul Brassier,
abritait leurs rendez-vous trois fois par semaine, et cela depuis dix huit ans.
Or, Annette et lui étaient mariés depuis vingt ans ! Ce qui
écrase Célerin, ce n'est pas que sa femme l'ait trompé et
lui ait menti pendant autant d'années, c'est que, durant tout ce temps,
elle en ait aimé un autre d'un véritable amour. Quant aux enfants,
de qui sont-ils ? Nathalie était au courant : elle explique à
Célerin effondré qu'Annette n'avait pas eu le courage de lui enlever
son bonheur, cette joie de vivre un peu béate... Maintenant que le vide
est complet, qu'Annette est morte une seconde fois, il ne reste plus qu'à
Célerin qu'à demander à Brassier l'entrevue douloureuse qui
mettra fin, dignement, à leurs relations."
Maigret
et Monsieur Charles (M) "Voilà longtemps que Nathalie Sabin-Levesque
sait à quoi s'en tenir sur les fugues de son mari. Tandis qu'elle sombre
peu à peu dans l'alcool, rejetée par l'entourage de ce confortable
notaire du faubourg Saint-Germain, Gérard, qui ne l'aime plus, se distrait
dans les boites de nuit des Champs-Elysées, où les professionnelles
le connaissent sous le nom de monsieur Charles. Mais cela fait un mois maintenant
que Gérard n'a pas reparu... C'est à l'histoire d'un couple depuis
longtemps désuni que Maigret va s'intéresser ici, telle que lui
permettent de la reconstituer les témoignages des amis et des domestiques.
Et à une femme dont l'ascension sociale aura été payée
du prix de la solitude et de la déchéance.
En creusant le passé de Nathalie Sabin-Levesque, Maigret découvre
qu'elle n'est pas la secrétaire qu'elle prétend être et qui
a séduit son patron. C'est dans un bar, sous le nom de Trika et en tant
qu'entraîneuse, qu'elle a fait connaissance du notaire quinze ans plus tôt.
Une fois le mariage consommé, Nathalie se retrouve abandonnée et
isolée dans son hôtel particulier de Saint-Germain-des-Prés,
avec l'alcool pour seul refuge. Au moment de leur rencontre, Gérard était
vraiment amoureux ; tandis que Nathalie pensait plutôt à sa fortune
et à son nom.
Le cadavre de Gérard Sabin-Levesque finit par refaire surface. Dans le
vrai sens du terme, puisque c'est dans la Seine qu'on le retrouve, le crâne
défoncé par un coup donné avec un démonte-pneu. Maigret
soupçonne la femme du notaire, qui boit de plus en plus et dont la santé
psychique et physique se détériore notablement. Le commissaire la
place sous haute surveillance, mais elle parvient malgré tout à
échapper à la police.
C'est alors qu'un second crime sera commis. La victime, assassinée par
cinq balles de revolver, est l'ex-barman et ex-souteneur Jo Fazio. Un gigolo entretenu
par une femme qui n'est autre que Nathalie Sabin-Levesque.
Jo Fazio représentait pour Nathalie la dernière chance. Elle l'aimait
vraiment, mais lui avait décidé de la quitter. Raison pour laquelle
elle l'a tué. Découverte par Maigret, elle avoue au commissaire
que c'est Fazio qui a frappé mortellement son mari, avec sa complicité.
Si elle a abattu Fazio, c'est parce qu'elle ne pouvait pas rester seule pour affronter
sa vie. Maintenant, elle a vraiment les mains vides…
Ce livre a d'abord été publié en épisodes dans le
quotidien "Le Figaro" entre les 10 et 29 juillet 1972. Pour ce roman,
Simenon a hésité entre deux titres. Sur l'enveloppe jaune dans laquelle
il a réuni ses notes préparatoires, il a inscrit : La visiteuse
de Maigret. Le choix définitif du titre - Maigret et M. Charles -
n'interviendra qu'au moment de la dactylographie finale du texte. Cette dernière
enquête du commissaire Maigret est certainement la plus tragique aux yeux
de l'auteur puisqu'elle comporte l'adresse de l'armurier parisien chez lequel
sa fille Marie-Jo se procurera l'arme qu'elle utilisera pour se suicider en mai
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1974 : retour
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Lettre à ma mère "Lettre à
ma mère est dicté en quelques jours avec une rare intensité.
En 1970, Simenon est appelé au chevet de sa mère. Huit jours durant,
il reste près d'elle à l'hôpital. L'intensité du face
à face étrange et intense qui le conduit aux sources de leurs deux
personnalités, la force des regards et l'éloquence de leur mutisme
lui inspireront un livre d'une rare qualité trois ans plus tard. Cette
lettre essaie de répondre à une question "Pourquoi es-tu venu,
Georges ?" après une très longue absence. Émouvant.
C'est un livre d'exception "Comme un ultime sursaut de génie d'un
retraité de la fiction romanesque. C'est un livre hors norme par sa puissance
d'évocation" (Pierre Assouline). On y perçoit l'emprise irrémédiable
du regard d'une mère. On est peut-être A au cur du "mystère
Simenon". Certains y ont vu la clé de sa personnalité et de
son génie. C'est en tout cas un portrait loin de l'histoire littéraire,
à la portée de tous."
«"La lettre à ma mère", cette missive envoyée
par un septuagénaire retraité à une nonagénaire morte,
est naturellement écrite dans ce style si simple et si particulier qu´à
toujours pratiqué Simenon, qui hausse le banal aux dimensions de l´universel
(...) La Lettre n´est qu´une longue et admirable variation de ce thème :
Nous ne nous sommes jamais aimés de ton vivant, tu le sais bien ;
tous les deux nous avons fait semblant. Le destinataire réel de cette bouteille
à la mort, ce n´est pas Henriette Simenon, née Brüll,
morte à 91 ans, ce n´est même pas le public dont Simenon n´a
plus besoin, c´est Simenon lui-même qui exorcise dans les mots ce
qu´aucun homme n´accepte en face : d´avoir été
le mauvais fils d´une mauvaise mère et de n´y pouvoir plus
rien.» (Dominique Jamet, l'Aurore, 1974)
« C'est un livre d'exception. Comme un ultime sursaut de génie d'un
retraité de la fiction romanesque. C'est un livre hors norme par sa puissance
d'évocation.» (Pierre Assouline).
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1975 : retour
Un
homme comme les autres (Dictée n°1) "C'est un volume de souvenirs
et de demi-confidences. C'est la première étape d'une enquête
beaucoup plus délicate que celles qu'il confiait à son commissaire
Maigret, puisqu'il s'agit cette fois de deémasquer Simenon lui-même
et que tout laisse supposer que, depuis de longues années déjà,
Simenon est en fuite".
Des
traces de pas (Dictée n°2) "De passe temps, les dictées
au magnétophone sont devenues un besoin. Un Simenon fidèle à
ses origines, indifférents aux honneurs, qui conte par le menu sa petite
vie de retraité, attirant malgré kui un flot continu de journaliste".
1976 : retour
Les
petits hommes (Dictée n°3) "Au fil de ses dictées, Simenon
suit sa propre voie, non pas comme un écrivain, mais simplement en tant
qu'homAme "comme les autres", qui se répète, mais qui,
à force de se répéter, dévoile plus de lui-même
que ne le ferait des faits, des évènements. Cela ne signifie pas
que Simenon, dans sa sincérité totale, ait toujours osé exprimer
toute sa pensée lorsque d'autres que lui étaient en cause. Sa règle
de vie a en effet été de ne pas blesser les autres dans leur conscience".
Vent
du nord, vent du sud (Dictée n°4) "Simenon s'est trouvé
devant un choix fondamental : vivre sa vie ou connaître, enfin, cet
homme nu qu'il traque depuis si longtemps. "À tort ou à raison,
il me semblait que si je continuais à aller de plus en plus loin dans les
motivations humaines, mon équilibre mental risquait d'en pâtir..."
"Je ne suis pas un penseur. Je ne suis pas un professeur de vie. Je ne suis,
au fond, je m'en rends compte aujourd'hui, qu'un récepteur." Simenon
ne s'est jamais considéré comme un génie, mais comme un homme
parmi les hommes".
A la
découverte de la France (reportage).
A la
découverte de l’homme nu (reportage).
1977 : retour
Un
banc au soleil (Dictée n°5) "Séduisant, émouvant,
humain, SimenoAn se reconstitue à l'aide des mots. Pourtant, c'est toujours
la même chose qu'il exprime : révoltes, désenchantements,
convictions (parfois un peu simplistes)".
De
la cave au grenier (Dictée n°6) "S'agissant de ses dictées,
Simenon ne veut pas entendre parler de "Mémoires". L'auteur s'étend
ici sur ce problème : "Ce ne sont en effet ni des mémoires,
ni un journal à proprement parler, ni un recueil de pensées plus
ou moins philosophiques". Ce n'est pas de la littérature. En somme,
ce sont seulement les pensées qui passent par la tête d'un vieil
homme, plus ou moins jour par jour, et même certains récits de mon
emploi du temps. Autrement dit, ce n'est rien du tout, puisque cela n'appartient
à aucun genre." Pour Simenon, il s'agit simplement de dictées,
faites au jour le jour et il demeure tout particulièrement attaché
à la grande authenticité".
A l’abri
de notre arbre (Dictée n°7) "Simenon insiste surtout sur le
fait qu'il faut avant tout rester vrai, qu'il faut dicter à l'état
brut, dresser indirectement le bilan de sa vie, non pas à la manière
d'un comptable, mais comme un simple mortel. "La simplicité n'est
jamais complètement acquise. Elle se crée et se recrée à
la force du poignet". Simenon vet que ses dictées soient des documents
humains, tels les écrits de Brantôme, de Dostoïevski, deA Saint-Simon
et d'autres qui n'ont, dès son enfance, cessé de le fasciner".
1978 : retour
Tant
que je suis vivant (Dictée n°8) "Simenon semble considérer
ses romans durs, psychologiques, comme autant de préludes à ses
dictées. "Je demande qu'on me laisse le temps de poursuivre et d'achever,
pour autant qu'il y ait un achèvement, ce que je considère comme
l'essentiel de mon œuvre, je parle de mes dictées." Et d'espérer
pouvoir longtemps encore laisser vagabonder son esprit".
Vacances
obligatoires (Dictée n°9) "Ces dictées sont à
présent sa raison d'être. Si, auparavant, Simenon avait l'habitude
de structurer ses romans en plus ou moins douze chapitres, il a gardé cette
habitude, car il consacre plus ou moins douze bobines de magnétophone à
chacun des volumes. "On dirait que je suis un ordinateur et qu'une mécanique
inconsciente me pousse à faire chaque jour la même chose, au même
moment, faute de quoi je me sens flottant et comme perdu". C'est cette discipline
qui la sauvegardé, le préserve encore du naufrage, et l'empêche
de connaître la folie".
La
main dans la main (Dictée n°10) "Simenon rappelle qu'autrefois,
à l'instar de n'importe quel individu, il était fait "d'une
A pâte malléable, et le moule dans lequel on nous coule insidieusement
laisse des traces dans notre personnalité". De plus "Quoi que
nous fassions, il y a toujours une part de notre enfance qui nous poursuit. Nous
nous croyons libres. Nous façonnons nos propres pensées, nos opinions.
Il n'en reste pas moins qu'à une occasion ou une autre, cette enfance revient
à la surface et qu'elle nous dicte des gestes que la raison réprouve."
"En somme nous passons de l'enfance plus ou moins inconsciente à la
vieillesse qui l'est peut-être aussi. Entre les deux pôles de notre
vie, vient se glisser une période d'agitation, de faim dévorante,
si je puis dire, mais c'est au deux bouts que l'on rencontre la sérénité,
c'est à dire l'innocence". La vieillesse n'est donc autre qu'une enfance
retrouvée.
Au-delà
de ma porte-fenêtre (Dictée n°11) "Simenon se demande
quel aurait été son sort, si son père n'était pas
mort jeune d'une angine de poitrine, l'obligeant à commencer une carrière
de journaliste et de romancier. Le vieillard qui parle maintenant le regrette.
Son expérience et sa hantise du métier justifie sa réponse.
Simenon n'a jamais cessé de considérer le romancier comme une sorte
d'outlaw, de franc-tireur, une espèce d'amateur, de psychologue du dimanche.
"C'est peut-être pourquoi, si j'avais eu le choix de mon avenir, j'aurais
fini dans un laboratoire ou dans un confessionnal." Heureusement, le psychologue
du dimanche a eu la chance Ade voir surgir en lui Maigret, le prêtre-médecin,
au service de l'homme nu, le démiurge qui constitue le trait d'union entre
Simenon, et, à l'autre extrémité de la chaîne, le lecteur".
1979 : retour
Je
suis resté un enfant de chur (Dictée n°12) "L'autre
grande peur de Simenon, après l'échec, était la solitude.
La misère de l'exclu le remuait profondément et la vision du solitaire
observant des couples ou des familles est une image d'exclusion qui hante ses
romans".
A quoi
bon jurer ? (Dictée n°13) "Lorsque le journaliste Louis
Duret demande à Simenon s'il est un homme heureux, celui-ci répond :
"Non, j'ai raté ma vie !" Et l'auteur d'évoquer son
enfance, ses rapport difficiles avec sa mère, son amour pour les femmes,
toutes les femmes".
Point-virgule
(Dictée n°14) "Simenon prend ses distances : il se moque
de l'immédiat, du monde, des heurs et des malheurs de notre civilisation.
Il fustige l'esprit et les mœurs de notre époque. Son style s'en ressent :
il est chargé d'humour à froid, corrosif, acerbe, pour ne pas dire
acide. Mais il peut aussi être tendre, pénétrant, profondément
attaché aux valeurs d'une humanité proche de l'homme universel".
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Dernière mise à jour de cette page le 29/11/2006.
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