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Photo de Georges SIMENON

1923 : Mariage à Liège le 24 Mars avec Régine Renchon, surnommée Tigy. La période liégeoise se termine. Ils habitent impasse Saint-Honoré chez un vieux couple d'homosexuels dans une chambre que leurs loueurs doivent traverser pour se rendre à l'unique lavabo de l'appartement. Georges Simenon publie pour 100 Francs son premier conte dans L'Humour à Paris. Il écrit en une matinée son premier roman populaire dans un café de la place Constantin Pecqueur "Le roman d'un dactylo" signé Jean du Perry et publié chez Ferenczi ; il écrira plus de 90 titres pour cet éditeur et plus de deux cents qu'il fournit à plusieurs hebdomadaires (Le sourire, Frou-Frou, Le rire, Paris-Flirt, Mon Filrt, Sans-Gêne, La vie parisienne, Paris-Plaisirs, Le merle blanc, L'Humour, Ceux qui rient,...)
Il rencontre Colette qui s'est remariée avec Henry de Jouvenel, le rédacteur en chef du Matin. La romancière refuse d'abord ses textes, lui donne des conseils et, à la deuxième tentative, le 27 Septembre 1923, elle publie un conte signé Georges Sim et intitulé "La petite idole". Leur collaboration sera fructueuse (70 contes) et les conseils de Colette, toujours appréciés par le jeune homme. Simenon écrit sous divers pseudonymes et produit en quantité romans populaires et contes (plus de mille en dix ans, destinés au Matin à la rubrique "Contes des mille et un matin", où l'introduit Colette, ainsi qu'aux feuilles galantes qui font fureur à cette époque).  retour
1924 : Au printemps 1924, après avoir démissionné du Marquis, il revient à Paris dans un appartement sis au rez-de-chausée du n°21 Place des Vosges, près du cœur de la capitale. Dans l'immeuble vit un docteur nommé... Maigret. Sa créativité exceptionnelle lui vaut une fortune rapide, ce qui lui permet de fréquenter le tout Paris des "années folles". Simenon aime cette vie parisienne qui lui sourit et fréquente des peintres comme Vlaminck et Picasso, et aussi des poètes comme Max Jacob...
C'est cette même année qu'ils découvrent l'île de Porquerolles grâce à la vente d'un tableau de Tigy (il s'y installeront et Tigy y décèdera en 1985).  retour

Georges Simenon en 1925
Georges Simenon en 1925

1925 : Il passe l'hiver Place de vosges et l'été à Etretat où il engagent la fille d'une famille de pêcheurs de Bénouville, Henriette Liberge (dite Boule) comme cuisinière. Engagée à 20 ans pour un an, elle restera toute une vie auprès de celui qu'elle appelle "mon petit monsieur joli" et sera pour lui la fidélité faite femme. Elle terminera sa carrière auprès d'un des fils de Georges Simenon.
Le 7 Octobre 1925, au Théâtre des Champs-Elysées, c'est la rencontre avec une jeune fille de Saint Louis (Missouri), alors totalement inconnue, qui danse dans la "Revue nègre". Elle a vingt ans et s'appelle Joséphine Baker. Immédiatement, c'est le coup de foudre et la jolie mulâtresse séduit Simenon : désormais le couple Simenon ne se déplace plus sans Joséphine, mais l'infortunée Tigy semble ignorer complètement cette liaison qui durera jusqu'au début de 1927. C'est alors qu'il rencontre Eugène Merle. Le plus important des journaux auquel il collaborait, Frou-frou, lui appartenait. Les bénéfices de Frou-frou étaient destinés à combler le déficit du grand quotidien de gauche qu'il venait de lancer : Paris Soir. Merle possédait encore un hebdomadaire satirique, Le Merle Blanc, qui tirait à huit cent mille exemplaires et laissait loin derrière lui Le Canard Enchaîné. A cette époque, il arrivait à Georges Simenon d'écrire sept contes par jour et de rédiger Frou-frou tout seul sous dix ou douze pseudonymes différents parce que le journal manquait d'argent. On redoutait Eugène Merle, et c'était un honneur d'être invité à ses déjeuners du dimanche, dans son château d'Avrainville. Simenon se retrouvait à table avec deux ou trois ministres. Et comme, devant Eugène Merle, ils parlaient librement, Simenon commence à distinguer "le côté pile du monde du côté face". "Tout ce qu'on nous racontais était faux. Je voyais des directeurs de journaux, des ministres, parfois même des premiers ministres comme Édouard Herriot, qui échangeaient des clins d'œil en parlant de toutes leurs combinaisons. Ce qu'ils pouvaient rire des communiqués, des déclarations qu'ils allaient donner dans la presse du lendemain. A Avrainville, j'ai fait mon apprentissage de la politique. Il m'en a dégoûté une fois pour toutes.".
Eugène Merle lui a aussi proposé cinquante mille francs de l'époque pour écrire en trois jours et trois nuits un roman, enfermé dans une cage de verre qui devait être installée sur la plate-forme du Moulin Rouge. Il devait écrire le roman avec la collaboration du public, proposer une douzaine de personnages parmi lesquels le public en choisirait trois, donner une dizaine de titres parmi lesquels le public en prendrait un et écrire sous les yeux du public. Mais Paris Matinal, qui sponsorisait l'opération, a fait faillite avant que la cage de verre ne soit finie. Ce qui n'a pas empêché quantité de gens de croire que Simenon l'a réellement fait. Cette légende repose sans doute sur la confusion suivante : quelques mois auparavant, on pouvait voir, dans le hall du quotidien Le Petit Journal, un jeûneur enfermé dans une sorte de cage de verre. Alors, du jeûneur au romancier...  retour
1926 : Au printemps, il loue une villa face à la mer dans l'île de Porquerolles, au large de Toulon.
Le 12 Avril, naissance en Italie de Teresa Sburelin, future compagne des dernières années de Simenon  retour

Georges Simenon en 1927
Georges Simenon en 1927

1927 : Il passe l'été à l'île d'Aix, fréquente le Tout-Paris et rencontre plusieurs artistes : Vlaminck, Derain, Picasso... L'été marque aussi la fin de sa liaison torride avec Joséphine Baker. Il déclara plus tard qu'il avait rompu parce que lui-même encore inconnu, il avait eu peur de devenir "Mr Baker".  retour

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Dernière mise à jour de cette page le 11/12/2005.
 
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