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Son coût à la transaction égale ou dépasse celui de SSL. Mais il permet l'authentification de toutes les parties grâce à l'échange de signatures électroniques (certificats). S'il s'imposait tel quel, Visa et Mastercard deviendraient, via le consortium SET CO dont ils tirent les ficelles, l'arbitre de tous les paiement effectués sur Internet. Ce qui en fait fait frémir certains. L'intérêt réside dans l'impossibilité de répudier toute transaction effectuée sous ce mode.

La France se trouve à l'épicentre du conflit. Décidément, l'exception française n'est pas un vain mot. Sur cette question, elle est même double ! Les banques, à travers le GIE Carte Bancaire, ont acquis, dans l'hexagone, une relative autonomie par rapport à Visa et à Mastercard. Et l'usage de la carte à puce y est largement répandu. Le conflit s'est traduit, en autres, par la création de deux consortiums concurrents au même objectif : créer un solution sécurisée à l'aide de la carte à puce, qui soit aussi compatible avec le protocole SET. L'un, CSET (Chip SET), émanant du GIE Carte Bancaire et représentant "l'interbancarité" à la française, le second, Ecomm, plus proche de Visa International. L'affrontement entre banques "vertes" et banques "bleues" a été évité de justesse. En Juin 1998, elles ont enterré la hache de guerre afin de présenter un front uni vis-à-vis de l'étranger.

La solution retenue consisterait à dérouter vers une passerelle spécifique les transactions émises à partir d'une carte à puce. Laquelle aboutira à un centre de traitement parisien, en court-circuitant la hiérarchie de certification SET. Mais ce système oblige l'internaute à connecter un lecteur de carte à puce sur son micro-ordinateur. Plus lourd à mettre en œuvre, mais particulièrement fiable, le fameux lecteur de carte à puce est une solution à explorer. Grâce au lecteur, la carte va contrôler elle-même l'exactitude du code et vérifier l'identité numérique entre le code saisi et celui stocké dans la carte.

Il semble hasardeux de prédire quels systèmes de paiement vont réellement s'imposer. SET ne convient pas aux micro-paiements en raison de son coût fixe élevé. Contrairement aux porte-monnaie virtuels comme ceux de Cybercash qui eux ne sont pas... universels. Ce qui défie la logique du cyber-commerce. Quant à la monnaie électronique, les expérimentations actuelles ne sont pas concluantes. Reste notre carte à puce nationale. Elle peut jouer le rôle de porte-monnaie électronique et, associée à un protocole comme SET, couvre toutes les catégories de paiement.

En attendant, faut-il parier sur SET ? Pas si sûr. Le protocole SSL, ça marche. Il n'y a pas de fraude et surtout... c'est simple. En regard, SET apparaît bien lourd. Et sans la carte à puce, il risque de ne pas tenir ses promesses. SET permet de certifier le client, mais si les certificats sont stockés sur le disque dur d'un PC, cela ne résoudra pas le problème de la répudiation après coup. Même l'universalité n'est pas encore garantie.

Il y a cinq sociétés habilités par SET CO à jouer le rôle de "racine" pour la certification. Mais les logiciels clients et serveur qu'elles fournissent ne sont pas intéropérables. Pour couronner le tout, la compatibilité SET, sans cesse évoquée à propos des futurs systèmes de carteà puce, risque fort de rester nominale. Les systèmes de paiement par carte à puce seront des systèmes nationaux. Chaque état respectera bien la norme EMV (Europay, Visa, Mastercard) pour les cartes à puce, mais en l'implémentant à sa façon. Il faudra donc, à chaque fois, des passerelles spécifiques. On s'achemine vers l'interconnexion de systèmes nationaux, plutôt que vers un grand système mondial. Ironie de l'histoire : l'exception française risque fort de devenir la règle.

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Dernière mise à jour de cette page le 13/12/2005.
 
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